Inégalités dans les sociétés modernes et familles au XXIe siècle: colloque et conférence publique

Inégalités dans les sociétés modernes et familles au XXIe siècle: colloque et conférence publique

La Faculté des Sciences de la Société et la Faculté d'Economie et de Management de l'Université de Genève, en collaboration avec le Secrétariat d'Etat à l'Economie (SECO) organisent un colloque d'une journée sur les inégalités dans les sociétés modernes, en présence de plusieurs acteurs clés le jeudi 25 septembre 2014. Cet événement sera suivi dans la soirée par une conférence publique sur l'évolution de la famille par Gøsta Esping-Andersen, professeur renommé de sociologie à l'Université Pompeu Fabra de Barcelone.

Jean-Dominique Vassalli, recteur de l'Université de Genève, et Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, cheffe du SECO, ouvriront le colloque. Puis participeront aux discussions le vice-recteur Yves Flückiger, Cyril Muller de la Banque mondiale, Didier Chambovey du SECO, Pierre Maudet, Chef du Département de l'Economie et de la Sécurité de Genève, Jean-Nathanaël Karakash, Chef du Département de l'Economie et de l'Action sociale de Neuchâtel, ainsi que bien d'autres membres prestigieux des mondes politique et académique.

Le Prof. Gosta Esping-Andersen, qui donnera la conférence d'ouverture de la nouvelle année académique à 19h00, participera également aux discussions de la session du matin. Le Prof. Jean-Michel Bonvin et le Prof. Michele Pellizzari, tous deux membres du Pôle de recherche national LIVES, respectivement présideront et concluront la session de l'après-midi.

Cet événement est organisé par l'Université de Genève et le Secrétariat d'Etat à l'Economie (SECO) avec le soutien du PRN LIVES et de l'Organisation pour la Coopération et le Développement économique (OCDE).

Inscription possible jusqu'au 24 septembr à l'adresse suivante: inequalities-2014@unige.ch

Couverture du livre "Adultes aînés, les oubliés de la formation" aux éditions Antipodes

On a encore besoin d’apprendre passé 65 ans : une évidence qui fait son chemin

Une table ronde soutenue par le Pôle de recherche national LIVES le 18 septembre 2014 à Lausanne a réuni plusieurs acteurs politiques, académiques, économiques et associatifs autour de la question de la formation des seniors, à l’occasion de la sortie du livre plaidoyer de Roland J. Campiche et Afi Sika Kuzeawu. Si les participants étaient d’accord sur l’urgence des besoins, ils peinent à s’accorder sur les mesures à prendre.

« J’avoue que ce livre a un peu bousculé mes certitudes : ses constats devraient être évidents, mais ils ne m’avaient pas encore frappé, et ils n’ont pas encore pénétré tout le monde », a déclaré jeudi 18 septembre Guy Parmelin, conseiller national UDC, lors de la table ronde organisée par le PRN LIVES en collaboration avec la Fédération suisse des Universités du 3e âge, la Fondation Leenaards et la Fondation Champ-Soleil, et suivie par près de 80 personnes à l'hôtel Continental de Lausanne.

Animé par la journaliste Manuela Salvi, le débat a réuni un large consensus sur la place grandissante des aînés dans la société. « Ensemble ils forment la plus grande garderie de Suisse », a déclaré Roland J. Campiche, qui présentait son dernier ouvrage paru aux éditions Antipodes : Adultes aînés, les oubliés de la formation[1].

Le poids et le déni

Professeur honoraire de l’Université de Lausanne, Roland J. Campiche a également relevé l’apport des seniors dans les activités associatives, leur poids lors les votations et dans les conseils municipaux, et indiqué qu’en Suisse la moitié  des personnes interrogées souhaiteraient travailler plus longtemps. « Pourtant tout se passe comme si passé le rubicond de la retraite, on entrait dans une zone grise en matière de formation ». Preuve du déni, selon le sociologue: les récentes lois sur les universités et sur la formation continue ne disent pas un mot des seniors.

Plusieurs intervenants ont largement évoqué ces besoins de nouveaux apprentissages: pour se diriger dans un monde de plus en plus numérique, pour être capable d'aider des proches entrés dans le 4e âge, pour prévenir la dégénérescence  - car « le cerveau s’use quand on ne l’utilise pas », a rappelé le neurologue Yves Dunant -, pour lutter contre la dépression qui frappe les individus lors des grandes transitions – adolescence ET retraite, et dont les coûts seraient encore supérieurs à ceux de la maladie d’Alzheimer -, voire même pour « servir de vivier de main d’œuvre indigène après l’électrochoc du 9 février », a lancé de manière volontairement provocante la conseillère aux Etats socialiste Géraldine Savary, se disant « persuadée que cette discussion va naître ».

Quels moyens ?

Mais les participants ont butté sur la question des moyens. Introduire un financement public ? Créer des bases légales ? Et quelle(s) organisation(s) mettre en place ou défendre ? Dans son livre, Roland J. Campiche plaide pour une reconnaissance officielle du rôle des universités du 3e âge, accompagnée d’un soutien financier par l’Etat, qu’il évalue à 500'000 francs par an. « Il faudrait aussi dire ce que ça rapporterait comme retour sur investissement, c’est un langage que les politiques comprennent », a proposé un auditeur.

Certains se sont cependant émus du caractère jugé « élitiste » des universités du 3e âge, signalant qu’il existe d’autre voies pour se former à la retraite, voire s’y préparer : associations ou fondations (Pro-Senectute, Force Nouvelle, FAAG), universités populaires, cours Migros, etc.

Pour une nouvelle « andragogie »

Roland J. Campiche s’est insurgé contre « le mythe d’une université inaccessible », déclarant que les étudiants des Unis 3 provenaient de toutes les catégories de la société. Mais il a reconnu qu’une nouvelle forme de pédagogie reste à développer, « des pairs par les pairs », plus interactive, valorisant les compétences acquises des adultes aînés, qui pourrait même « féconder l’ensemble du système de formation ».

Enfin quelques pistes ont été proposées par les intervenants : réduire les coûts de la santé pour les aînés qui se forment, réclamer un programme national de recherche sur la thématique, professionnaliser la formation des bénévoles, considérer l’éducation comme un projet humain « allant de la naissance à la mort », favoriser les échanges intergénérationnels…

« La proportion de jeunes retraités qui s’engagent dans une formation est encore une minorité, mais il est prouvé qu’une ou deux années de plus ou de moins de formation au cours de la vie ont des effets significatifs sur la longévité », a rappelé le sociologue François Höpflinger.

600'000 babyboomers arriveront dans quelques années à la retraite. « Il faut du temps entre le constat et la mise en œuvre. C’est pourquoi le lobbysme est nécessaire », a estimé Guy Parmelin, définitivement rallié à la cause. Il disposera bientôt d'un outil pour ce faire auprès de ses collègues alémaniques : le livre de Roland J. Campiche et Afi Sika Kuzeawu paraîtra l’an prochain en allemand aux éditions Seismo.


[1]Adultes aînés, les oubliés de la formation par Roland J. Campiche et Afi Sika Kuzeawu avec la collaboration de Jacques Lanares, Sandrine Morante, Denis Berthiaume, éditions Antipodes, Lausanne, 2014
M. Oris and G. Ritschard: Sequence Analysis and Transition to Adulthood

Les "grands noms d’une petite méthode" qui monte réunis dans un livre

La région lémanique est devenue une étape clé dans le développement de l’analyse de séquence, une méthode en plein essor dans les sciences sociales : à l’Université de Lausanne et l’Université de Genève, des chercheurs rattachés au Pôle de recherche national LIVES sur les parcours de vie font partie - avec d’autres ! - des acteurs incontournables des dernières avancées, recensées dans un ouvrage édité par Philippe Blanchard, Felix Bühlmann et Jacques-Antoine Gauthier aux éditions Springer.

Pourquoi telle personne va tomber dans la précarité et telle autre y échapper ? Jusqu’à il y a quelques années, la réponse à cette question échappait aux sciences sociales, qui ne disposaient que de modèles synchroniques, appréhendant les individus à un moment donné de leur existence et non dans une perspective longitudinale. Le développement des études sur les parcours de vie, par définition diachroniques et de nature interdisciplinaire, a conduit à s’intéresser davantage aux processus, et pour ce faire s’est largement inspiré de méthodes venues des sciences dures, notamment de la biologie génétique et de la bioinformatique, pour représenter statistiquement des successions d’états et d’événements.

L’analyse de séquence permet ainsi de construire des typologies de trajectoires individuelles lors de recherches portant par exemple sur les configurations familiales, les carrières ou l’insertion professionnelles, les transitions majeures telles que le passage à l’âge adulte, à la parentalité, à la retraite, ou encore les trajectoires de migration, de santé ou de vieillissement. Cette méthode s’est également répandue hors du champ de la sociologie pour imprégner la recherche en psychologie développementale, en histoire, en démographie ou en science politique.

Ses différentes applications font aujourd’hui l’objet d’un livre dont le projet éditorial est issu d'une collaboration entre les universités de Lausanne et de Genève. Advances in Sequence Analysis : Theory, Method, Applications est le deuxième volume d’une série des éditions Springer consacrée à la recherche sur les parcours de vie et les politiques sociales - collection dirigée par les trois membres de la direction du PRN LIVES, Dario Spini, Michel Oris et Laura Bernardi.

Un projet né entre Lausanne et Genève

En 2012, une conférence à Lausanne sur l’analyse de séquences (LaCOSA) avait réuni une trentaine d’utilisateurs chevronnés de la méthode à travers le monde autour de chercheurs et chercheuses renommés, comme Cees Elzinga, Brendan Halpin ou Anette Fasang. Ses organisateurs étaient Philippe Blanchard, de l’Institut d’études politiques et internationales (IEPI), ainsi que Felix Bühlmann et Jacques-Antoine Gauthier, de l’Institut des sciences sociales, tous deux membres du Pôle de recherche national LIVES. Un tiers des participants et plusieurs orateurs étaient également liés à LIVES, notamment l’équipe du Prof. Gilbert Ritschard à l’Université de Genève, qui a développé l’outil TraMineR, spécifique à l’analyse de séquence et devenu une véritable référence pour les spécialistes.

« Comparée à d’autres méthodes, l’analyse de séquence est utilisée par une communauté relativement restreinte », explique Felix Bühlmann. « C’est pour cette raison que nous avons pu motiver les ‘grands noms de cette petite méthode’, à participer à cette conférence, puis à la rédaction d’un ouvrage collectif ».

Innovations conceptuelles

« La force de ce livre repose sur une apparente faiblesse : la méthode et les thématiques qu’il décrit trouvent rarement leur place dans les revues scientifiques car ces dernières exigent un certain formatage difficilement compatible avec les innovations conceptuelles et visuelles proposées par l’analyse de séquence », estime Felix Bühlmann.

Pour Jacques-Antoine Gautier, « la diversité des contributions réunies dans ce livre œuvre à la constitution d'une communauté méthodologique plus affirmée et offre un espace de réflexion original sur la nature de l'analyse de séquence et sa place dans les sciences sociales».

Au sein du PRN LIVES, plusieurs études sur différents groupes de personnes vulnérables se basent sur l’analyse de séquence, car elle permet de réduire la complexité des parcours individuels et d'augmenter la lisibilité des étapes et transitions qui façonnent les parcours de vie.

Et la méthode continue de faire des émules: ses meilleurs spécialistes au sein de LIVES partageront leurs connaissances avec des chercheurs et chercheuses du monde entier lors d’un workshop méthodologique le 8 octobre 2014, qui précédera la conférence annuelle de la Society for Longitudinal and Life Course Studies (SLLS), cette année à l’Université de Lausanne.

Politiques de lutte contre la pauvreté : nouveau colloque entre praticiens et universitaires

Politiques de lutte contre la pauvreté : nouveau colloque entre praticiens et universitaires

Le Département vaudois de la santé et de l’action sociale, l’Institut des Sciences sociales de l’Université de Lausanne, l’Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP), le Pôle de recherche national LIVES, le Centre de compétences suisse en sciences sociales FORS et la Haute école de travail social et de la santé - EESP Lausanne organisent pour la troisième fois en six ans deux journées d’échanges à Lausanne les 2 et 3 octobre 2014.

La Déclaration universelle des Droits humains considère la lutte contre la pauvreté comme une mission fondamentale de nos sociétés. En Europe, les politiques les plus connues sont celles qui visent à garantir un revenu minimum et les politiques d’insertion. Mais qu’en est-il des politiques de formation, de logement, de santé, de lutte contre l’endettement, d’aide en nature ou encore de l’enfance et de la vieillesse? Qui les organise et avec quels résultats ? Quelles sont les tendances actuelles en matière de politiques de lutte contre la pauvreté ? Ce colloque vise à débattre de ces questions d’une brûlante actualité.

  • 8 conférences plénières pour poser les termes du problème, notamment par le sociologue français Jacques Donzelot et la politologue belge Bea Cantillon.
  • 13 ateliers visant à développer une réflexion globale sur une politique et ses effets, à travers des exemples concrets, animés chacun par un·e universitaire et un·e expert·e issu·e de la pratique, de l’administration ou de la politique.

Le programme est en pièce-jointe et les inscriptions ouvertes jusqu'au 26 septembre 2014 à l'adresse: www.vd.ch/evenements-social

Photo redhumv © iStock

« L’urgence dans le travail social » : nouvel espace de réflexion pour les praticien-ne-s

La première édition de l’Université d'été des professionnel-le-s romand-e-s du travail social démarre le 1er septembre 2014 pour trois jours. Le Pôle de recherche national LIVES contribue à ce projet reliant réalités du terrain et apports académiques.

Vingt-cinq participantes et participants étaient prévus au départ. Il y en aura 30 lundi à l’ouverture de la nouvelle Université d'été des professionnel-le-s romand-e-s du travail social à l’Hôtel Mirabeau de Lausanne.

« C’est un énorme succès ! », se réjouit le Prof. Jean-Pierre Tabin, organisateur et animateur - avec les professeurs René Knüsel (UNIL) et Sophie Rodari (HES-SO) - de cette formation créée sous l’égide de la Conférence latine des affaires sanitaires et sociales (CLASS), de l’Association romande et tessinoise des institutions d'action sociale (ARTIAS) et d’AvenirSocial.

Les travailleuses et travailleurs sociaux inscrits proviennent de plusieurs cantons et types d’institutions - publiques et non-gouvernementales, généralistes ou spécialisées. Le thème de cette première édition est « L’urgence dans le travail social ». Le format se veut un espace de réflexion, avec une large place aux échanges, débats et travaux de groupe.

Le Pôle de recherche national « LIVES – Surmonter la vulnérabilité : perspective du parcours de vie » y est fortement représenté. En plus du Prof. Tabin, présent tout au long des trois jours, la Prof. Claudine Burton-Jeangros (UNIGE) donnera une conférence intitulée « Risques, vulnérabilité et logiques d’intervention », et le Dr. Pascal Maeder, responsable du transfert de connaissances, livrera un aperçu des recherches et résultats du pôle au terme de sa première période de quatre ans.

Le dernier jour, une table-ronde réunira plusieurs responsables de l’action sociale : Therese Frösch, co-présidente de la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS), Dominique Froidevaux, directeur de Caritas Genève, Françoise Jaques, cheffe du Service de prévoyance et d’aide sociales du canton de Vaud, François Mollard, chef du Service de l'action sociale du canton de Fribourg, Martine Monnat, médecin cantonal adjoint pour les populations vulnérables du canton de Vaud, et Emilie Graff, co-secrétaire générale d’AvenirSocial.

Voir le programme

Forum d'échange sur "famille en mutation et monoparentalités": le point de vue des professionnels

Forum d'échange sur "famille en mutation et monoparentalités": le point de vue des professionnels

Le 21 novembre 2014 à l'Université de Lausanne, organisé par Le Pôle de recherche national LIVES – Surmonter la vulnérabilité : perspective du parcours de vie (PRN LIVES) et la Fédération suisse des familles monoparentales (FSFM).

Cette journée réunira des acteurs de plusieurs domaines d’action autour de la question de la monoparentalité et de ses différentes formes, des réalités complexes qui touchent un nombre croissant de familles en Suisse, posant de multiples questions et appelant des réponses circonstanciées.

Le PRN LIVES, soutenu par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, a démarré en 2012 une étude sur l’évolution des formes de ce type de famille. L’équipe de projet s’est jusqu’à présent focalisée sur les trajectoires de familles monoparentales enregistrées dans des données d’enquête, et sur les points de vue des parents concernés, récoltés dans des entretiens en profondeur. Elle souhaite maintenant entendre la voix des milieux professionnels intéressés par la problématique, afin d’identifier les forces, faiblesses, opportunités et défis qui existent dans le cadre des dispositifs entourant ces familles.

La FSFM, qui fête cette année ses 30 ans, partage ce souhait. Elle s’engage entre autres dans la formulation de propositions de mesures ciblées de politique familiale afin d’améliorer la situation des parents seuls et de leurs enfants. Elle est membre de l’organisation faîtière des familles Pro Familia Suisse.

Le Forum

Dans la première partie du forum, les groupes de discussion seront organisés par branches professionnelles : juristes, assistant-e-s sociaux/ales, praticien-ne-s de la petite enfance, milieux enseignant, pédopsychiatres, représentant-e-s des autorités publiques ainsi que du monde associatif seront appelés à débattre à l’intérieur de leur cercle de plusieurs questions modérées par un chercheur ou une chercheuse.

Nous aborderons des thèmes au cœur du fonctionnement des familles comme les différentes formes de famille et la normativité qui leur est associée; les relations parentales et intergénérationnelles ; les politiques sociales, le droit et la fiscalité ; l’emploi et l’équilibre travail-famille.

La deuxième partie du forum sera consacrée à l’approfondissement des questions soulevées en croisant les regards des différentes professions. Une synthèse en plénière conclura ces échanges, qui nourriront la réflexion ultérieure sur le besoin d’évolution des politiques sociales et les apports possibles de la recherche.

Organisation

  • Pour la Fédération suisse des familles monoparentales: Anna Hausherr, Danielle Estermann
  • Pour le PRN LIVES: Laura Bernardi, Pascal Maeder, Ornella Larenza, Emmanuelle Marendaz Colle
  • Contact: communication@lives-nccr.ch

Inscriptions

Les personnes qui souhaitent participer à ce forum peuvent s'annoncer sur le formulaire en ligne.

The Alpine Population Conference, La Thuile, Aosta Valley, Italy

The Alpine Population Conference, La Thuile, Aosta Valley, Italy

Voir la version anglaise.

Alp-Pop brings together scholars interested in population issues across several disciplines, including demography, economics, epidemiology, political science, sociology, and psychology. The conference emphasizes empirical rigor and innovation over a given topic or geographical area, and meets the challenges of interdisciplinary and international audiences.

We welcome submissions on all population issues (e.g., population dynamics, population health, migration, families and fertility, the welfare state and population policy, economic development, institutions and population, decision-making, well-being, and social dynamics, etc.), but we particularly encourage submissions that take a life-course perspective.

Submissions of original papers or extended abstracts are invited by November 1, 2014, and submitters will be notified of acceptance within the week. Submissions and inquiries should be addressed via email to: alp.pop@unibocconi.it.

The 2015 Conference will feature Ski-note presentations from Francesco Billari of Oxford University, Kelly Musick from Cornell University, and John Ermisch from Oxford University.

Alp-Pop scholars confer both formally and informally. A traditional conference program (paper and poster presentations) mixes with group activities in a world-class winter resort. The conference location, the Planibel Hotel, is on the well-known ski slopes of La Thuile and was chosen strategically for its proximity to both Geneva and Torino/Milano.

Participants are expected to seek their own funding; although, the organizers can provide some support for Ph.D. students, and such applications should indicate a request for support in their submissions. Special-rate rooms have been reserved at the conference hotel with arrival on January 24 and departure on January 28 (the conference will end late morning).

Participants will receive information on how to reach La Thuile and updates on the conference. If there is demand, we will also aim to organize child care. Please indicate whether you intend to bring children along to the conference, as well as their ages.

Organizing committee

Arnstein Aassve (Bocconi University), Laura Bernardi (Lausanne University & NCCR LIVES), Ross Macmillan (Bocconi University), Michele Pellizzari (University of Geneva & NCCR LIVES), and Domenico Tabasso (University of Geneva & NCCR LIVES).

Alp-Pop is organized by the Carlo F. Dondena Centre for Research on Social Dynamics at Bocconi University and the Swiss National Centre of Competence in Research LIVES - Overcoming vulnerability: Life course perspectives (NCCR LIVES).

Table ronde sur les "Adultes aînés: les oubliés de la formation" avec des faiseurs d'opinion

Table ronde sur les "Adultes aînés: les oubliés de la formation" avec des faiseurs d'opinion

A l’occasion de la sortie du livre de Roland J. Campiche et Afi Sika Kuzeawu aux éditions Antipodes, le Pôle de recherche national LIVES et la Fédération suisse des universités du 3e âge, en collaboration avec la Fondation Leenaards et la Fondation Champ-Soleil, organisent un mini-colloque le jeudi 18 septembre 2014 de 17h00 à 19h00 à l’Hôtel Continental, Salon Olympia, Place de la Gare 2 à Lausanne.

Voir également l'article de Roland J. Campiche sur Reiso

Un million et demi de personnes en Suisse sont aujourd’hui âgées de 60 à 85 ans. La plupart jouissent d’une bonne santé et beaucoup tentent de mettre à profit ce temps de la retraite, souvent en se mettant au service des autres, parfois aussi en continuant à développer leur esprit et leur culture.

Cette mutation fondamentale de la société contemporaine n’est accompagnée d’aucune réflexion prospective sur les adaptations nécessaires des politiques de formation, qui continuent de se concentrer exclusivement sur l’enfance et la jeunesse.

Pourtant l’importance de l’exercice du cerveau pour prévenir les effets du vieillissement a été amplement démontrée, et la nécessité de retarder l’âge de la retraite ne cesse d’être débattue. Mais ces constats ont presque toujours pour toile de fond une préoccupation financière sur les coûts médicaux et sociaux liés à l’âge.

La question de la formation, elle, reste uniquement concentrée sur les besoins du marché de l’emploi. Elle est totalement déconnectée de cette nouvelle réalité humaine qui voit de plus en plus d’adultes aptes à apprendre et à transmettre une fois leur carrière achevée, mais dont les besoins persistants d’épanouissement sont ignorés. Une véritable pédagogie tournée vers les seniors, prenant en compte leurs savoirs, compétences et expériences, reste en tout cas à inventer.

Cette « table ronde » propose d’empoigner la problématique de ce manque de priorité et de prendre la mesure des défis qui se présentent. A l’occasion de la sortie du livre Adultes aînés : les oubliés de la formation 1, des acteurs représentatifs de plusieurs domaines d’action et différentes sensibilités échangeront leur vision afin d’identifier les obstacles et permettre d’esquisser les pistes d’action possibles.

Programme

Bienvenue et introduction :

  • Dario Spini, Directeur du Pôle de recherche national LIVES – Surmonter la vulnérabilité : Perspective du Parcours de vie (PRN LIVES)

Débat :

  • Roland J. Campiche, sociologue, Prof. honoraire de l’Université de Lausanne
  • Yves Dunant, médecin, Prof. honoraire de l’Université de Genève - Département des neurosciences
  • François Höpflinger, sociologue, Prof. honoraire de l’Université de Zurich
  • Christiane Jaquet Berger, ancienne présidente du Conseil suisse des aînés
  • Guy Parmelin, Conseiller national, membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé
  • Géraldine Savary, Conseillère aux Etats, Présidente de la Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil des Etats
  • Guy Suchet, Directeur des affaires sociales, Fédération des entreprises romandes, Genève, Président de la Fondation Force nouvelle 

Animation :

  • Manuela Salvi, journaliste, Radio Télévision Suisse

Conclusions :

  • Philippe Terrier, Prof. honoraire de l’Université de Neuchâtel, Directeur de l’Université du 3e âge de Neuchâtel, Président de la Fédération suisse des Universités du 3e âge 

La discussion sera suivie d’un apéritif. Inscription possible en envoyant un mail d’ici le 15 septembre à communication@lives-nccr.ch

  • 1. Par Roland J. Campiche et Afi Sika Kuzeawu avec la collaboration de Jacques Lanares, Sandrine Morante, Denis Berthiaume, éditions Antipodes, Lausanne, 2014
Des centaines de visiteurs sont passés par le stand du PRN LIVES à la Nuit de la Science

Des centaines de visiteurs sont passés par le stand du PRN LIVES à la Nuit de la Science

Le Pôle de recherche national LIVES était parmi la cinquantaine d'exposants au cours du weekend des 5 et 6 juillet 2014 qui a attiré plusieurs milliers de personnes dans le parc de la Perle du Lac, où est situé le Musée d'histoire des sciences, organisateur de la manifestation avec la Ville de Genève et le soutien de l'Université de Genève.

Voir le communiqué des organisateurs et plusieurs belles photos.

L'équipe du PRN LIVES - tout spécialement des collaborateurs du Centre interfacultaire de gérontologie et d'études des vulnérabilités (CIGEV) - avait préparé un jeu sur le mode de l'émission de télévision "Attention à la Marche!", mettant en compétition deux personnes sur des questions de connaissances, dans ce cas au sujet de la population suisse. Cinquante-huit parties de "Attention à la Stat!" ont eu lieu. Comme chaque partie durait environ 7-8 minutes (installation, explications, jeu, commentaires, résultat et cadeaux), le temps de jeu cumulé sur le week-end a été de plus de 7 heures!

L'autre activité tournait autour des calendriers de vie, un outil utilisé dans la recherche sur les parcours de vie, permettant de voir les trajectoires des individus dans plusieurs domaines (résidence, famille, activité, santé) et de repérer les liens entre ces domaines.

Les visiteurs devaient deviner quelles personnalités se cachaient derrière une dizaine de calendriers, dont l'un est reproduit ci-dessous. La réponse est en annexe.

Les psychologues sociaux se retrouvent à Amsterdam pour le Meeting 2014 de leur association européenne

Les psychologues sociaux se retrouvent à Amsterdam pour le Meeting 2014 de leur association européenne

L'Association européenne de psychologie sociale tiendra son 17e congrès du 9 au 12 juillet 2014 aux Pays-Bas. Plus de 800 présentations individuelles et près de 700 posters sont au programme, y compris la recherche LIVES.

(Actualité en anglais)

The programme consists of 12 parallel sessions, including 101 symposia and 61 thematic sessions. The director of the Swiss National Centre of Competence in Research LIVES, Dario Spini, was member of the Scientific Programme Committee and several LIVES members were reviewers.

On Wednesday 9 July at 11:00 in the Symposium S09, Dario Spini will present “Social group participation, identity continuity and well-being after the loss of an intimate partner”, drawn from IP12 research. This paper written with Nadia Girardin and Davide Morselli shows how “social groups help to maintain identity continuity, which has a positive effect on well-being. Individuals who lost a partner and who participate in groups or feel continuity report greater well-being.” Continuity, which is the fact of remaining the same person over time, also moderated the effects of loss on well-being during the five years after the bereavement.

At the Poster Session 6 on Saturday 12 July, “The impact of normative climates on gender role attitudes” will be presented. It is an outcome of the LIVES 2013 Winter School on Life Course. During that week of intensive collaborative work between junior and seasoned researchers last year, participants used a social representations approach to show that “own gender role attitudes in 20 European countries are influenced by the normative climate, controlling for individual and structural context variables like family policy indicators and gender equality indices”. Véronique Eicher prepared this poster with Stephanie Glaeser, Aude Martenot (UNIGE), Sandra Penic (UNIL), Richard A. Settersten (Oregon State University), and Dario Spini.

http://www.easp2014.com

 

Une équipe LIVES impliquée dans la 17e Conférence européenne sur la personnalité

Une équipe LIVES impliquée dans la 17e Conférence européenne sur la personnalité

Du 15 au 19 juillet 2014 à l'Université de Lausanne, cet événement couvrira un large éventail de sujets liés à la personnalité: santé et bien-être, travail et psychologie organisationnelle, motivation et émotions, ainsi que bien d'autres. Des membres du projet IP7 du Pôle de recherche national LIVES sont sur le pont.

La 17e Conférence européenne sur la personnalité offrira 7 conférences plénières, 11 symposiums invités, 30 symposiums sur proposition, 24 sessions de présentations, 2 sessions de posters et 3 ateliers de pré-conférence.

Le Prof. Jérôme Rossier, chef de l'IP7 au sein du Pôle de recherche national LIVES à l'Université de Lausanne, dirige le comité local d'organisation, assisté par Dr. Marina Fiori de l'Université de Lausanne. Tous deux sont membres du comité scientifique international.

L'équipe locale d'organisation comprend également d'autres membres de l'IP7: Prof. Franciska Krings, vice-rectrice de l'Université de Lausanne, Prof. Willibald Ruch de l'Université de Zurich, ainsi que Dr. Koorosh Massoudi et Claire Johnston, doctorante, de l'Université de Lausanne.

Le mercredi 16 juillet, Claire Johnston présentera “Changes in well-being and professional change: the role of career adapt-abilities and personality traits” (changements dans le bien-être et changement professionnel: le rôle de l'adaptabilité et des traits personnels), avec Christian Maggiori et Jérôme Rossier comme co-auteurs.

Le jeudi 17 juillet, Dr. Christian Maggiori, un autre membre de l'IP7 à l'Université de Lausanne, présentera “The role of personal characteristics in an unstable professional context” (le rôle des caractéristiques personnelles dans un contexte professionnel instable), avec Claire Johnston et Jérôme Rossier comme co-auteurs.

Claire Johnston organise également une réunion de mi-journée le jeudi 17 juillet pour les doctorants et autres jeunes chercheurs, intitulée "Publishing in the European Journal of Personality: Overview & Tips" (publier dans le Journal européen sur la personnalité: survol et tuyaux) présenté par Wendy Johnson, éditrice du European Journal of Personality avec d'autres éditeurs associés.

http://www.unil.ch/ecp17/

Le Pôle de recherche national LIVES attend les visiteurs au stand No 19 de la Nuit de la Science à Genève

Le Pôle de recherche national LIVES attend les visiteurs au stand No 19 de la Nuit de la Science à Genève

"Tout ce qui brille... n'est pas or" s'applique tout particulièrement aux sciences sociales, dont l'une des vocations est d'aller à l'encontre du sens commun en déjouant les préjugés de classe, d'origine, d'âge et de genre. C'est pourquoi la recherche sur les parcours de vie a sauté sur l'occasion du thème de cette 10ème édition, les 5 et 6 juillet 2014, pour présenter quelques activités inspirées par des données et des méthodes scientifiques mais servies de manière ludique.

Parc de la Perle du Lac, Genève - Stand No 19
Samedi 14:00 - 23:00 / Dimanche 12:00 - 20:00

Les chercheurs et chercheuses du Pôle de recherche national LIVES, et tout spécialement ceux basés au Centre interfacultaire de gérontologie et d'études des vulnérabilités (CIGEV) de l'Université de Genève, proposent deux activités.

Découvrez d'abord les calendriers de vie, un outil très utilisé dans la recherche sur les parcours de vie, servant à retracer l'intégralité des trajectoires d'une personne dans plusieurs domaines de la vie: résidence, vie de famille, activité, santé. Les calendriers de vie permettent notamment de montrer les interactions entre vie privée et vie professionnelle. En utilisant cette méthode, nous avons retracé la biographie de plusieurs personnalités connues, que les visiteurs de la Nuit de la Science devront deviner grâce aux événements jalonnant ces histoires.

Le clou du stand LIVES est un pastiche du jeu télévisé "Attention à la Marche", rebaptisé pour l'occasion "Attention à la Stat". Sur le modèle de cette émission animée par Jean-Luc Reichmann, les visiteurs de la Nuit de la Science s'affronteront deux par deux autour de questions portant sur la stratification de la population suisse. Pour gagner il faudra s'approcher au plus près des bons chiffres et faire preuve de rapidité. Le logiciel spécialement développé pour l'occasion proposera également une version enfant.

Programme complet sur http://www.ville-ge.ch/culture/nuit/

Des chercheurs LIVES au Japon pour le Congrès de l'Association internationale de sociologie

Des chercheurs LIVES au Japon pour le Congrès de l'Association internationale de sociologie

La 18e édition du Congrès mondial de sociologie se déroulera à Yokohama du 13 au 19 juillet 2014 sous le titre "Faire face à un monde injuste: les défis d'une sociologie globale". Plusieurs membres du Pôle de recherche national LIVES vont rejoindre les centaines de participants qui présenteront un papier.

Enfin Francesco Giudici (IP13) est co-auteur d'un papier présenté par Ping-Yin KUAN, de l'Université nationale Chengchi à Taiwan: An Inter-Cohort Comparison of Intra-Cohort Social Stratification: How Do Cumulative Dis/Advantages Evolve Across Cohorts?

http://www.isa-sociology.org/congress2014/

26 étudiants internationaux réunis sur le thème "Vulnérabilité, Autonomisation et Travail social"

26 étudiants internationaux réunis sur le thème "Vulnérabilité, Autonomisation et Travail social"

La Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO), l'Etat de Vaud et le Pôle de recherche national LIVES organisent la 5ème Université d'été du travail social du 30 juin au 11 juillet 2014 à Lausanne. Plusieurs orateurs présenteront des recherches LIVES.

Des étudiants du monde entier vont participer à la prochaine Université d'été du travail social. Ils proviennent des Etats-Unis (University of California Los Angeles - UCLA, et Boston College), du Canada (University of British Columbia, Vancouver), du Burkina Faso (Institut National de Formation des Travailleurs Sociaux, Ouagadougou), d'Inde (Rajagiri College of Social Sciences, Kochi), de Chine (Shandong University) et de Suisse (HES-SO).

Parmi les professeurs invités se trouvent plusieurs membres de LIVES: Michel Oris and Stefano Cavalli (IP13), Jean-Pierre Tabin and Jean-Michel Bonvin (IP5), Jean-François Bickel (IP5, IP13), Claudio Bolzman (IP2, IP13), Marianne Modak (IP8).La coordination générale est assurée par le Prof. Marc-Antoine Berthod de la Haute école de travail social et de la santé l EESP, Lausanne, l'une des écoles de la HES-SO.

Le thème de cette édition est "Vulnérabilité, Autonomie et Travail social". La relation complexe entre vulnérabilité et autonomie sera à l'ordre du jour, "deux concepts centraux qui sont trop souvent appréhendés séparément dans les approches théoriques", lit-on dans le programme.

L'Université d'été du travail social vise à promouvoir les échanges entre participants de plusieurs formations et provenances, à faciliter l'analyse comparative et à stimulter de nouvelles approches théoriques et pratiques en travail social. Elle offre un espace privilégié de discussions et de débats aux professeurs et étudiants venant de multiples pays.

Les conférences et ateliers seront basés sur des recherches les plus récentes, incluant des données du PRN LIVES. Comme annoncé dans la brochure, "la dimension internationale de l'événement doit permettre de penser de manière critique et comparative ce qui motive la pratique du travail social, souvent prise entre un souci excessif de protection des plus vulnérables et l'ambition idéaliste de renforcer les responsabilités et les capacités."

http://www.susw.ch/fr

Des démographes du PRN LIVES à la Conférence européenne d'études de la population à Budapest

Des démographes du PRN LIVES à la Conférence européenne d'études de la population à Budapest

Le congrès biennal 2014 de l'Association européenne d'études de la population (EAPS) démarre le 25 juin pour quatre jours en Hongrie. Le thème de cette édition est « Transitions: opportunités et menaces ». Quelques chercheurs et chercheuses du Pôle de recherche national LIVES interviendront sur des sujets comme les changements dans les configurations familiales, les migrants, le grand âge et la mortalité.

« Les changements fondamentaux qui ont commencé il y a 25 ans en Europe de l'Est ont ouvert un nouveau chapitre dans l'histoire du continent. Même si le processus de transformation de la population n'est pas achevé, il est à la fois possible et opportun de dresser un inventaire avec le recul d'un quart de siècle. Il est aussi nécessaire de poser certaines questions: est-ce que de nouveaux schémas de comportement démographique ont émergé? A quel point diffèrent-ils d'autres régions d'Europe? Quels sont les mécanismes qui sous-tendent les processus démographiques dans la partie Est de l'Europe? » Ces interrogations par les organisateurs locaux de la Conférence 2014 de l'EAPS ouvrent le programme.

Plusieurs démographes du PRN LIVES présenteront leur recherche ou sont co-auteurs d'un papier dans les sessions suivantes.

MORTALITY IN SUBPOPULATIONS

23-2 Young adults' excess mortality: individual reality or yet another heterogeneity's ruse?
Adrien Remund, Université de Genève

ASSOCIATIONS, PATHWAYS AND FAMILIAL BACKGROUND

33-5 Widowhood and bereavement among the Swiss elderly. Exploring the associations in the causes of death
Michel Oris, Jonathan Zufferey, Reto Schumacher, Université de Genève

WORK-FAMILY DYNAMICS AMONG IMMIGRANT POPULATIONS

41-2 Partnership formation and labour market status among children of immigrants in Switzerland
Eder Andres Guarin Rojas, Université de Lausanne; Helga A. G. de Valk, Netherlands Interdisciplinary Demographic Institute (NIDI) and Vrije Universiteit Brussel; Laura Bernardi, Université de Lausanne

IMMIGRATION AND AGEING

61-1 Doing research on ageing migrants: a methodological discussion on limitations and implications of studying ageing migrants
Ruxandra Oana Ciobanu, HES-SO & Université de Genève

FAMILY FORMATION AND THE LABOUR MARKET

75-4 Employment impacts on partnership and parenthood entry in different family-policy regimes
Michael S. Rendall, University of Maryland; Alessandra De Rose, Università di Roma "La Sapienza"; Ann Evans, Australian National University; Edith E. Gray, Australian National University; Doris Hanappi, University of California, Berkeley and Université de Lausanne; Frauke Kreute, University of Maryland; Trude Lappegard, Statistics Norway; Lori Reeder, University of Maryland; Marit R.nsen, Statistics Norway; Olivier Thevenon, Institut National d'Études Démographiques (INED); Laurent Toulemon, Institut National d'Études Démographiques (INED)

UNION FORMATION AND UNION DISSOLUTION

108-5 Family diversity challenges demography: measuring and modeling the transition to solo parenthood
Laura Bernardi, Université de Lausanne

POSTER SESSION

2-11 Life-course and transition to adulthood in China: the case study of Beijing in a comparative perspective between two cohorts born in the 1950s and 1980s
Sandra Constantin, University of Geneva

http://epc2014.princeton.edu/

Image peepo © iStock

Sciences sociales et médecine partagent questions éthiques et de méthode sur les données de panel

Un colloque interdisciplinaire organisé par le Pôle de recherche national LIVES et l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP – CHUV) à l’Université de Lausanne les 26 et 27 juin 2014 réunira médecins et chercheurs en sciences sociales afin d’échanger leurs expériences dans la collecte de données longitudinales.

Des données de panel longitudinales ont été collectées de longue date dans plusieurs disciplines scientifiques, en particulier dans les sciences médicales et sociales. En médecine, ces données sont souvent composées en partie de résultats de mesures physiologiques ou expérimentales répétées de biomarqueurs. Dans les sciences sociales, les données sont collectées dans le but d’estimer l’impact d’un événement ou d’un changement dans les comportements ou les attitudes des personnes interrogées, ainsi que pour suivre les individus au long de leur parcours de vie.

Les perspectives des deux disciplines se sont croisées au cours des dernières années : des mesures de biomarqueurs ont été introduites dans plusieurs enquêtes de sciences sociales, alors que des questionnaires sociaux ont été introduits dans des cohortes longitudinales de recherches médicales. Mais malgré ce point commun, les traditions de recherches basées sur les enquêtes de panel varient entre les disciplines, comme on peut le voir dans les débats éthiques : ainsi les questionnaires sur les réseaux sociaux peuvent être considérés comme intrusifs en science médicale ; de l’autre côté, le mélange de mesures physiologiques et de questionnaires n’est pas toujours bien vu par les chercheurs en sciences sociales. L’objectif de ce colloque est de discuter de ces différentes problématiques.

Une première session sera consacrée aux différents types d’enquêtes de panel. La deuxième session portera sur une perspective interactive entre les disciplines. Quant à la troisième session, elle abordera des questions méthodologiques. Les orateurs, provenant des deux disciplines, parleront de leur expérience dans la collecte de données longitudinales.

Cet événement est organisé par Jean-Marie Le Goff (PRN LIVES IP15) et Joan-Carles Suris, de l'Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP) de l'Université de Lausanne et du CHUV.

Photo stockstudioX © iStock

Monoparentalité : une situation de plus en plus banale, mais un concept à redéfinir

Le Pôle de recherche national LIVES organise les 6 et 7 juin 2014 un colloque à l’Université de Lausanne avec une quinzaine d’intervenant-e-s de plusieurs pays afin d’explorer de manière interdisciplinaire et comparative la multiplicité des formes de monoparentalité et leurs conséquences sur le parcours de vie.

Depuis les années 70, le nombre d’enfants qui ne sont pas élevés dans le cadre d’une famille traditionnelle – avec un couple de parents biologiques unis par les liens du mariage – n’a cessé d’augmenter. Autrefois, les parents qui élevaient leur(s) enfant(s) seuls étaient soit des veufs ou des veuves, soit ce qu’on appelait alors des « filles-mères », avec tout le poids du jugement moral qui accompagnait alors ce terme.

Cette situation a bien changé avec la multiplication et la banalisation des divorces, l’augmentation de l’espérance de vie, la généralisation de la contraception et la légalisation de l’avortement. Une monoparentalité « choisie », ou du moins assumée, aurait-t-elle remplacé la monoparentalité « subie » ? Et surtout, quels sont les défis que rencontrent aujourd’hui les parents concernés ? Tels sont quelques-uns des aspects qu’abordera le colloque « Monoparentalité dans une perspective parcours de vie » des 6 et 7 juin, organisé à l’Université de Lausanne par le PRN LIVES en collaboration avec les universités de Berne et de Genève.

Une réalité multidimensionnelle

« La recherche sur la monoparentalité est encore trop souvent réduite aux aspects de pauvreté et de marginalité. Mais la réalité des mono-parents est plus multidimensionnelle », explique l’organisatrice principale, la Prof. Laura Bernardi, vice-directrice du PRN LIVES. Elle attend de ce colloque « des échanges riches, pour avancer dans la connaissance théorique sur la diversité des formes familiales, et dans la connaissance empirique sur l'expérience de la monoparentalité au niveau des besoins et des ressources de ces parents ». Elle espère aussi pouvoir en tirer « des suggestions sur la manière dont les politiques sociales peuvent répondre à cette problématique ».

Une quinzaine de présentations sont prévues, avec des sociologues, des démographes, des psychologues et des politologues venu-e-s notamment d’Allemagne, de France, de Grande-Bretagne, d’Irlande, de Belgique, de Finlande, de Pologne, de Hongrie, des Etats-Unis et d’Australie. Les méthodes tant quantitative que qualitative et mixte sont représentées dans ce programme, et plusieurs études utilisent des données longitudinales.

Les deux oratrices principales seront la Dr. Marie-Thérèse Letablier-Zelter, du Centre d’Economie de la Sorbonne, Université Paris 1, et la Dr. Anne-Laure Garcia, chercheuse au Centre Marc Bloch et à l’Université de Postdam.

Action publique et identité familiale

Cette dernière donnera une conférence intitulée « La construction de l’identité de mère célibataire dans les régimes français et allemands », tirée de son livre Mères seules. Action publique et identité familiale, paru en 2013 aux Presses universitaires de Rennes à la suite de sa thèse de doctorat. La chercheuse montre comment les dispositifs légaux et institutionnels agissent sur les normes et les représentations des individus, dans ce cas précis les mères célibataires.

Cette recherche est basée sur l’analyse structurelle d’entretiens narratifs menés entre 2008 et 2010 avec des femmes étant devenues mères célibataires pendant la période allant de 1977 à 1987, c’est à dire après la légalisation de l’avortement et avant la réunification allemande. Anne-Laure Garcia a pu ainsi démontrer l’impact de la sphère étatique sur le rapport de ces femmes à la maternité : en Allemagne de l’Est par exemple, le fait qu’emplois, logements et crèches étaient garantis a permis une certaine émancipation des mères célibataires, bien plus nombreuses qu’en Allemagne de l’Ouest où prédominait le modèle de la mère traditionnelle au foyer, et mieux acceptées qu’en France où la figure de la mère célibataire « assistée » véhiculait une image plus négative.

La comparaison a permis à la chercheuse de définir trois processus communs à l’ensemble des situations : « l’internalisation de l’univers des possibles », « la structuration des attentes » et « l’auto-compréhension par rapport aux prescriptions externes ». L’identité parentale se construit ainsi dans un contexte d’interférence avec les politiques sociales.

Ruptures et discontinuités

La conférence de la Dr. Marie-Thérèse Letablier-Zelter portera quant à elle sur les « Ruptures et discontinuités de la vie familiale : le cas des familles monoparentales ». Elle soulèvera le problème de la définition et du périmètre de la notion de famille monoparentale, à l’heure où la majorité des enfants qui grandissent dans de tels contextes ont en fait leurs deux parents.

En passant en revue les différents types de familles dites monoparentales, la chercheuse distinguera plusieurs profils socio-éco-démographiques et s’intéressera aux différentes trajectoires – transitoire ou durable – de monoparentalité. Sans surprise, les situations les plus durables sont en général celles des mères célibataires appartenant aux couches les plus défavorisées de la population. Enfin elle s’interrogera sur les effets de la monoparentalité sur les parents et leurs enfants, sur la gestion de la coparentalité et sur le statut du parent tiers dans les familles recomposées.

Pour Marie-Thèrèse Letablier-Zelter, la dénomination « famille monoparentale » ne convient plus et renvoie à des contextes différents si l’on se réfère à la question purement physique de la résidence des enfants, à celle – économique et sociale – des ressources ou encore à celle – juridique et éducative – de l’autorité parentale.

Les défis des nouvelles formes de famille

« En France, plus de la moitié des enfants naissent hors mariage. Ce n’est donc plus cette institution qui fonde la famille. Mais si les mères célibataires ne souffrent plus de stigmatisation morale, on peut cependant encore parler de stigmatisation sociale, car leur taux de pauvreté est en général supérieur à celui des couples et leur accès au marché du travail plus difficile », relève Marie-Thérèse Letablier-Zelter. Elle craint que « la banalisation de cette forme de parentalité entraîne un désintérêt pour les réels défis socio-économiques et légaux que posent les nouvelles formes de familles ».

Enfin le colloque permettra d’aborder d’autres aspects de la monoparentalité comme le bien-être, le réseau social, ainsi que la santé physique ou psychique des parents ou encore la réussite sociale des enfants. Des enjeux qui viendront sans doute alimenter la réflexion du PRN LIVES dans son propre projet en cours sur la monoparentalité.

Image lelik © iStock

Aux Mystères de l'UNIL, LIVES joue avec la différence entre sondage commercial et enquête scientifique

Les portes ouvertes de l’Université de Lausanne auront lieu du 22 au 25 mai 2014. Lors de cet événement destiné principalement aux jeunes de 9 à 13 ans, le Pôle de recherche national LIVES tiendra le stand No 12, intitulé « Je suis d’humeur changeante ».

« TKITOI ? » T’es qui, toi ? Avec ce slogan et sur le thème de l’aventure intérieure, l’Université de Lausanne invite les enfants, en classe ou en famille, à découvrir qui ils sont lors des prochains Mystères de l’UNIL, manifestation annuelle où laboratoires et instituts de recherche présentent une partie de leurs activités sur un mode ludique.

Vingt-cinq ateliers jalonneront le parcours, dont celui du Pôle de recherche national LIVES au stand No 12. Les enfants seront appelés à faire la distinction entre un sondage commercial et une enquête scientifique, puis se transformeront en chercheurs pour sonder leurs camarades ou leurs proches sur les événements positifs et négatifs qui peuvent survenir au cours de l’existence dans différents domaines de la vie.

Le PRN LIVES est parti du constat que les enquêtes par téléphone sont de plus en plus difficiles à mener, car les gens sont constamment sollicités à la maison par des appels commerciaux. A l’heure où les enfants font leurs devoirs ou quand la famille se met à table, il n’est pas rare d’entendre le téléphone sonner, et les parents excédés répondre qu’ils n’ont pas le temps.

Des sondages à but scientifique

Or tous les sondages n’ont pas pour vocation de mener une étude de marché pour vendre des assurances ou des boissons gazeuses. Le Pôle de recherche national LIVES conduit par exemple plusieurs enquêtes basées sur de larges échantillons de population en Suisse afin de mieux comprendre les processus qui entraînent de la vulnérabilité, ainsi que les ressources que les gens mobilisent pour la surmonter. Ces études doivent contribuer à faire évoluer les politiques sociales en fonction des nouveaux besoins qui apparaissent.

Du mercredi 22 au dimanche 25 mai, une dizaine de chercheurs et chercheuses du PRN LIVES, principalement sociologues et psychologues sociaux, se relayeront pour animer l’activité avec l’aide de deux étudiantes en sciences sociales et politiques. Passez nous voir !

 

Frederic Meyer © Pro Senectute Suisse

« Des phases de repos et de détente jalonnant toute l’existence sont désormais nécessaires »

Au cours du colloque national « Moins considéré au-delà de 80 ans ? » organisé le 15 mai 2014 par Pro Senectute avec 500 spécialistes issus de la gérontologie, des milieux politiques, économiques et des médias, le Prof. François Höpflinger, membre de l'IP12 du PRN LIVES, a appelé à réorganiser la société de longue vie, réaménager les relations intergénérationnelles et ne pas combattre à tout prix la vieillesse.

« Le débat autour du vieillissement se focalise trop sur les coûts liés aux soins et aux rentes. On occulte souvent ce que pensent les principaux intéressés et ce qui fait toute la valeur du grand âge », a résumé l’organisation Pro Senectute au terme de son colloque national du 15 mai à Bienne (voir le communiqué de presse).

Une des conférences a été donnée par le Prof. François Höpflinger, membre de l’IP12 du Pôle de recherche national LIVES, qui a relevé les points suivants, résumés sur le site internet de Pro Senectute :

Coexistence travail / repos

« Une société de longue vie doit être réorganisée, et passer de la succession de la formation, du travail rémunéré et de la retraite, à une coexistence (à vie) de la formation/apprentissage, du travail (rémunéré/non rémunéré) et des phases de repos. La structure globale actuelle – formation durant les jeunes années, travail rémunéré stressant vers le milieu de vie et retraite lors de la vieillesse (parfois forcée) – ne correspond plus aux attentes existentielles d’aujourd’hui. Une formation continue, une activité tout au long de la vie (organisée en tenant compte de l’âge) et des phases de repos et de détente jalonnant toute l’existence sont désormais nécessaires.

Relations intergénérationnelles

Une espérance de vie élevée exige un réaménagement des relations intergénérationnelles (dans la famille et en dehors de la famille), afin de réunir, au sein de la société, toutes les générations à travers la solidarité. Longévité et solidarité intergénérationnelle – des jeunes envers les aînés et des aînés envers les jeunes – sont étroitement liées. Sur le plan intergénérationnel, la longévité se traduit par la survenue d’une nouvelle question sociale pour les générations à venir: hériter ou prendre soin. Parallèlement, une société comprenant quatre générations exige un apprentissage transgénérationnel ciblé (les jeunes apprennent des aînés et les aînés apprennent des plus jeunes).

En fin de compte, une société de longue vie exige des développements durables, ne serait ce que sur les plans écologique, social et économique, afin de bénéficier longtemps d’une bonne qualité de vie. Cela vaut également pour les systèmes de retraite, les soins de santé, et d’autres formes de politique sociale: la longévité et une politique sociale favorisant les bonnes relations intergénérationnelles sont liées.

Dignité et civilisation

Une société de longue vie – avec son nombre croissant de personnes âgées et très âgées – doit aussi reconnaître les limites de la vie: les personnes âgées en fin de vie ou atteintes de démence doivent être soignées et traitées avec dignité, et il ne faut pas essayer d’évincer ou de combattre à tout prix sa propre vieillesse. Le degré de civilisation d’une société se mesure à la manière dont elle traite les personnes en situations extrêmes. »

Photo AVAVA © iStock

La timide introduction des congés parentaux en Suisse souligne l’ampleur des inégalités de genre

Dans une thèse défendue le 17 mars 2014 à l’Université de Lausanne, Isabel Valarino s’est penchée sur les discours précédant et accompagnant l’avancée du congé parental et du congé paternité. Son analyse est enrichie par une étude de cas sur la Ville de Lausanne. La chercheuse démontre que les besoins des employés et de leur famille tendent à s'adapter à ceux de l’employeur et de l’économie. Alors que la maternité est considérée comme une responsabilité intensive et contraignante, la paternité demeure perçue comme un engagement flexible et optionnel.

En quoi l’émergence des congés parentaux modifie-t-elle les pratiques et les représentations de la parentalité en Suisse ? Isabel Valarino vient d’obtenir son doctorat dans le cadre de l’IP6 du Pôle de recherche national LIVES en montrant d’une part que la différenciation entre maternité et paternité reste rarement remise en question, et d’autre part que les aspects économiques dominent, tant dans les débats que dans la pratique.

« Je n’ai jamais vu quelqu’un faire autant de travail pour une thèse », a déclaré lors de la défense une des membres du jury, la professeure de sociologie et d’études genre Linda Haas de l’Université Purdue d’Indianapolis. « Elle est innovante dans plusieurs disciplines et la première à montrer de telles interactions entre différents niveaux », a renchéri Gerda Neyer, professeure de démographie et spécialiste des politiques familiales à l’Université de Stockholm. Les autres membres du jury étaient la Prof. Nicky Le Feuvre (UNIL), cheffe de l’IP6, et la Prof. Laura Bernardi (UNIL), vice-directrice du PRN LIVES et directrice de thèse.

Intérêt croissant mais pratique peu répandue

En Suisse, la question des congés paternité et parental a vu son intérêt croître depuis la mise en œuvre de l’assurance maternité en 2005. A ce jour, la grande majorité des travailleurs masculins dispose d’un jour de congé accordé par l’employeur à la naissance d’un enfant, mais seule une minorité bénéficie d’un droit s’étendant à quelques semaines. Ceci constitue une exception en comparaison européenne.

Isabel Valarino a effectué des analyses de contenu et de discours sur les propositions parlementaires concernant ce thème entre 1998 et 2011, ainsi que sur des articles de presse liés à la question. Elle a complété sa recherche avec une étude de cas sur les employés de la Ville de Lausanne, qui depuis 2010 octroie aux nouveaux pères 21 jours de congé à prendre dans les douze mois suivant la naissance de leur enfant. Les données de registre lui ont permis d’analyser statistiquement les 95 cas de collaborateurs concernés par ce droit de 2010 à 2012. Elle a également interviewé 22 hommes parmi ceux qui en ont fait usage, ainsi que 8 cadres confrontés à de telles situations dans leur équipe.

L’intérêt des employeurs avant tout

Ses observations montrent que les représentations et les pratiques de la parentalité évoluent, mais demeurent fortement imprégnées par des divisions de genre et par le poids des aspects économiques. « Avec le congé paternité, les pères s’investissent davantage auprès de leurs enfants. Mais ils anticipent souvent les demandes de leur employeur afin de ne pas perturber le fonctionnement de l’entreprise. Et le partage des tâches avec leur partenaire reste inégalitaire », explique Isabel Valarino.

La chercheuse a relevé que dans l’administration lausannoise, la moitié seulement des nouveaux pères ont pris l’intégralité des jours de congé auxquels ils avaient droit. La plupart ont en outre repoussé une grande partie de leurs vacances. Seuls 13% des hommes de son échantillon ont cumulé l’ensemble des deux types de congé pendant une même année. Les collaborateurs à haut niveau de responsabilité, ceux travaillant à temps partiel et dans un environnement féminin ou mixte, ainsi qu’une partie de ceux avec peu d’ancienneté ont davantage tendance à renoncer à une part de leurs congés, ce qui souligne l’influence du contexte professionnel sur l’utilisation du congé paternité. La plupart des supérieurs hiérarchiques interrogés ont confirmé qu’ils estimaient que les intérêts du service primaient dans les négociations à propos des dates de prise de congé.

Rôle central de la mère

Grâce à ses entretiens avec les jeunes pères, Isabel Valarino a pu identifier plusieurs fonctions du congé paternité. Les notions de soutien à la mère et de prise en charge de l’intendance sont très valorisées. Les soins aux enfants également, mais se muent souvent en garde des aînés. « Tous ont déclaré que le rôle central auprès du nouveau né restait celui de la mère », relève la chercheuse, qui a constaté que c’est en prenant leurs jours de congé de manière étalée après le retour de leur partenaire au travail que les hommes changeaient de rôle: « C’est en se retrouvant seuls avec le bébé qu’ils réalisent vraiment ce que cela implique… »

Malgré les nuances observées, la chercheuse estime tout de même que des changements s’opèrent. Prendre un congé paternité permet notamment d’imposer son statut de père face à l’environnement professionnel, de prendre de la distance avec le travail et de modifier les attentes. Et même si le principe d’un congé paternité inscrit dans la loi fédérale n’est toujours pas à l’ordre du jour, pour des raisons de financement et de vision toujours très genrée du partage des tâches entre hommes et femmes, « les catégories de pensée évoluent », déclare-t-elle.

C’est dans cette optique qu’en plus de sa thèse, Isabel Valarino a rédigé un rapport destiné à la Ville de Lausanne, où elle fait part en détail de ses constats et émet quelques propositions pour améliorer la mise en œuvre du congé paternité.

Prochaine étape : les pères en congé sans leur partenaire

Et afin de continuer sa réflexion sur l’évolution des pratiques et des représentations à travers les congés parentaux, elle poursuit désormais sa recherche sur les pères qui ont pris un congé d’au moins un mois à plein temps pour s'occuper seul de leur(s) enfant(s), étude menée dans le cadre du projet « Fathers on Leave Alone » du réseau International Network on Leave Policies & Research, pour laquelle elle recherche actuellement des participants.

 

Pages