Photo Hugues Siegenthaler

Le PRN LIVES à la rencontre des décideurs et de la société civile

Le Pôle de recherche national (PRN) LIVES a notamment pour ambition de favoriser l’émergence de mesures sociopolitiques innovantes. C’est pour cela qu’il a lancé le groupe «Politiques sociales», réunissant cinq experts. Une de ses missions est de proposer des événements et des activités de transfert de connaissances vers les décideurs et les professionnels des politiques sociales.

Si les sciences dites dures ou exactes peuvent déboucher sur des avancées technologiques tangibles, qu’en est-il des sciences humaines, où les découvertes sont rarement brevetées et les résultats peu monnayables? «Les transferts de connaissance sont difficiles à appliquer en politiques sociales, car les décisions dépendent davantage d’équilibres politiques que de résultats de recherches scientifiques», constate le professeur Jean-Pierre Tabin, enseignant à la Haute Ecole de travail social et de la santé – ESSP, chercheur au sein de l’IP5 et membre du groupe Politiques Sociales créé par LIVES en début d’année 2012.

Il cite par exemple la récente décision du Conseil national de durcir une fois de plus la loi fédérale sur l’asile, malgré de nombreuses études ayant montré que la précarisation des migrants a des effets délétères.

Nouveau colloque sur la pauvreté

Pour autant, le monde scientifique n’est pas ignoré des décideurs. Ainsi le Département de la santé et de l’action sociale du Canton de Vaud va-t-il organiser en automne 2012 un nouveau colloque intitulé «Pauvreté: trajectoires individuelles, logiques sociales» en collaboration avec le PRN LIVES et d’autres partenaires académiques, deux ans après une première édition qui avait eu un grand écho et dont les actes ont été publiés ce printemps. Lors de ce prochain événement les 11 et 12 octobre, une douzaine de professeurs membres de LIVES, dont plusieurs membres du groupe Politiques sociales, interviendront aux côtés du célèbre sociologue français Serge Paugam, directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Les autres exemples d’intervention du PRN LIVES dans le champ public sont nombreux: participation à des conférences-débats, mandats de recherche pour le compte d’institutions ou d’associations sur des thématiques en lien avec la vulnérabilité, réponses aux questions des médias sur des thèmes de société (voir la revue de presse).

Proposer de nouvelles pistes

Selon Dario Spini, directeur du PRN LIVES, le transfert de connaissance en termes de politiques sociales va monter en puissance ces prochaines années, en collaboration avec les associations et la société civile: «Notre travail n’est pas de faire de la politique, mais de poser des questions, de donner notre avis, de partager nos informations, qui résultent de recherches et de faits empiriques validés qui ne sont pas assez connus et repris. Par exemple, si l’on voit que le divorce entraîne de la pauvreté dans les familles monoparentales et chez les femmes en particulier, quelles sont les réponses? Il y a le régime de l’assistance, bien sûr, mais on pourrait peut-être proposer d’autres choses. Peu rappellent par exemple à ces mères que s’il est légitime d’arrêter de travailler, elles feraient bien de continuer à se former, car sinon elles risquent de se vulnérabiliser dans leur parcours de vie à travers un choix privé légitime.»

Conclusion: les milieux politiques et économiques auraient tout intérêt à chercher davantage d’inspiration auprès de ceux qui étudient l’évolution de la société. Les recherches de LIVES pourraient même donner des idées de nouveaux marchés. A quand la formation obligatoire des femmes au foyer?

Du privé au public

Car la distinction entre le domaine public et privé est selon le directeur de LIVES une pure construction sociale: «Avec la moralisation de la question de la fumée, la politique se mêle aujourd’hui d’une question auparavant considérée comme très personnelle. Et si on laissait le choix aux gens, il n’est pas sûr qu’ils décideraient tout seuls de limiter leur conduite à 120 kilomètres/heure…»

«Les parcours de vie à l'épreuve des mondes du travail»

Journée d'étude autour des travaux de doctorant-e-s le 26 juin 2012 à Lausanne.

Deux doctorants de l'IP6 du PRN LIVES organisent une journée d'étude autour des travaux de doctorant-e-s intitulée «Les parcours de vie à l'épreuve des mondes du travail» le 26 juin 2012 dès 9 heures à l'Université de Lausanne, Bâtiment Vidy, salle 531.

Voir le programme complet.

«Les EMS ne se présentent pas comme des lieux de vie au climat délétère»
«Les EMS ne se présentent pas comme des lieux de vie au climat délétère»

«Les EMS ne se présentent pas comme des lieux de vie au climat délétère»

Stefano Cavalli, maître assistant au Centre interfacultaire de gérontologie et d'études des vulnérabilités (CIGEV) et membre de l’IP13 du PRN LIVES, a publié fin mai 2012 chez Georg Editeur «Trajectoires de vie dans la grande vieillesse. Rester chez soi ou s’installer en institution?» Interview.

Comment est né ce livre?

Stefano Cavalli: A Genève, depuis 30 ans, nous étudions les trajectoires de vie et de santé des personnes âgées. Vers la fin des années 1990, j'avais procédé à une analyse comparative des populations vivant à domicile et en EMS sur la base des données d'une étude transversale réalisée en 1994 à Genève et en Valais central (cf. mon livre «Vieillards à domicile, vieillards en pension: une comparaison»). Puis, j'ai été associé au programme de recherche SWILSOO («Swiss Interdisciplinary Longitudinal Study on the Oldest Old»), dirigé par le prof. Chistian Lalive d'Epinay, qui a permis de suivre des octogénaires des mêmes régions pendant 10 ans. En ce qui me concerne, je me suis particulièrement intéressé aux trajectoires des personnes très âgées qui se sont installées dans un EMS au cours de l'étude. Grâce à du matériel à la fois quantitatif et qualitatif, j'ai pu reconstruire les parcours des nouveaux résidents depuis l'amont de la transition.

Combien de personnes ont participé à l'étude?

L'étude SWILSOO a permis de suivre, sur une période allant jusqu'à 10 ans, 717 personnes résidant à Genève et en Valais central. Au départ, les participants étaient âgés de 80 à 84 ans et vivaient dans un domicile privé. Une centaine d’entre eux sont entrés en EMS au cours de l'étude. Par ailleurs, 74 personnes, dont 26 résidant en EMS, ont aussi fait l'objet d'un entretien approfondi.

Quel est l'âge moyen d'entrée en EMS et le temps moyen de séjour avant l'issue fatale?

L'entrée en EMS a lieu de plus en plus tard. En Suisse, 6% des personnes de 65 ans et plus et un peu moins de 20% des personnes de 80 ans et plus résident en EMS. Les disparités cantonales sont importantes. La moyenne d'âge en EMS est de 84,7 ans pour les femmes et de 80,9 ans pour les hommes. Les femmes y demeurent en moyenne 3 ans, les hommes 1 an seulement (données OFS, 2000 et SOMED, 2007).

Quelles sont les difficultés que rencontrent les personnes âgées à l'heure d'entrer en EMS, puis ensuite dans cette nouvelle étape de leur vie?

Je distinguerais deux types de difficultés: celles liées à leur situation (état de santé dégradé, en particulier) et celles liées au fait de devoir affronter une rupture biographique comme l'entrée en EMS.
Bien que la grande vieillesse ne soit pas synonyme de maladie et de dépendance, les personnes très âgées doivent faire face à de nombreux défis (fragilisation de leur corps et de leur esprit, perte d'autonomie, décès de proches, etc.). C'est au moment même où le processus de sénescence affaiblit la capacité de l'individu à s'adapter aux changements (sa plasticité) tout comme son aptitude à préserver un équilibre avec l'environnement matériel et social, que la personne entrant en EMS est confrontée à un événement perturbateur majeur.
La décision d'entrer en EMS est aussi pénible parce qu'elle implique de quitter son cadre de vie pour se rendre en terre inconnue.
Enfin, l'institution est associée à l'idée de mauvaise santé, de dépendance. Pour ceux qui y entrent, elle symbolise l'échec du maintien à domicile et la reconnaissance de la perte d'autonomie. Les nouveaux résidents connaissent le caractère irréversible de la décision et savent que, sauf exception, s'installer en EMS signale que l'on a entamé la dernière ligne droite de la vie.

Quelles sont les ressources que les personnes âgées mobilisent pour s'adapter à ce nouvel environnement?

La vie en EMS est généralement perçue de manière négative et suscite bien des peurs chez la plupart des personnes âgées. Et pourtant, lorsque la parole est laissée aux personnes qui viennent d'entrer dans l'un de ces établissements, le tableau se fait plus nuancé. Si certains résidents ont vécu la transition comme un traumatisme dont ils ne se sont pas remis, d'autres témoignages sont décidément plus positifs et leurs auteurs se disent satisfaits du nouveau cadre de vie.
Ce qui m'a frappé, c'est aussi que la plupart des personnes âgées que j'ai rencontré en EMS m'ont dit avoir été à l'origine de la décision d'entrer en institution et avoir piloté les différentes phases de l'opération (du choix de l'établissement, en passant par l'inscription sur une liste d'attente, jusqu'à la signature du contrat d'accueil), ce qui contraste avec l'expérience vécue par les professionnels. En fait, réinterpréter ce qui s'est passé, dire que l'on a choisi l'EMS, alors que souvent on a plutôt subi la décision, est une manière de se réapproprier sa vie et fait partie d'une stratégie qui favorise l'adaptation au changement. Rester maître de sa vie – ou du moins en avoir l'illusion – sert à mieux accepter la perte du chez-soi.

Comment se portent aujourd'hui les personnes en EMS?

Mon étude ne décrit pas les caractéristiques des personnes en EMS (perspective transversale) mais étudie les trajectoires de ceux qui y entrent (perspective longitudinale). Mais on peut dire que de nos jours, il est rare que des personnes âgées indépendantes soient amenées à s'installer en EMS. Les nouveaux résidents sont essentiellement des personnes qui ont suivi une trajectoire de santé caractérisée soit par le déclin, soit par la dépendance ou une fragilité chronique.
Dans leurs témoignages, presque tous les résidents déclarent avoir été obligés de quitter leur chez-soi: «Je ne pouvais plus vivre seul/e à la maison» est le leitmotiv. Mais, contrairement à ce que nous pourrions penser, ces personnes n'ont pas été confrontées à la perte de leur conjoint (ou d'un autre cohabitant) dans les mois précédant l'installation en EMS; souvent, elles vivaient seules depuis de nombreuses années. Si l'on ne peut plus continuer à vivre seul, c'est surtout à cause de l'accumulation des accidents de santé et des handicaps, du besoin de soins continus, des angoisses et du sentiment de solitude, facteurs qui souvent se combinent.
L'entrée en EMS est souvent précédée par une détérioration significative de l'état de santé. Ceux qui survivent lors de la première année en institution connaissent une stabilisation de leur état de santé, voir même une diminution du risque de chute ou d'être hospitalisé. De même, le déménagement est accompagné d'une intensification des visites de la famille, contacts qui ne diminuent pas avec le temps.
Enfin, nous observons une stabilité d'ensemble du bien-être, que ce soit dans la période de l'installation en EMS ou plus tard. De nos jours, à Genève et en Valais central, les EMS ne se présentent pas comme des lieux de vie au climat délétère, engendrant une tendance dépressive, la perte de l'estime de soi et l'apathie chez les nouveaux résidents. Si certaines personnes hébergées en institution n'ont pas le moral, cela résulte essentiellement de leur fragilisation avancée, et il en va de même pour leurs contemporains qui continuent à vivre chez eux.

Qu’est-ce qui a changé en 30 ans?

Dans les années 1970-80, les maisons de retraite s'offraient comme des lieux de vie dans lesquels, l'âge venant, on s'installait avant même que la santé ne l'impose; de nombreux pensionnaires étaient valides ou conservaient une relative autonomie. Durant les dernières décennies, sous l'impulsion d'une politique visant le maintien à domicile de la personne âgée le plus longtemps possible, l'entrée en institution a pu être retardée. Les besoins des résidents, de plus en plus âgés et lourdement dépendants, se sont modifiés à grande vitesse et le rôle même des institutions a dû être redéfini. Aujourd'hui, les EMS se voient investis d'un double mandat: d'un côté, être un lieu de vie pour des personnes très âgées souffrant d'atteintes physiques et/ou psychiques qui affectent lourdement leur autonomie; de l'autre, le jour venu, accompagner les résidents vers la mort.

http://www.georg.ch/index.php/trajectoires-de-vie-dans-la-grande-vieille...

Double exposition à Genève: «Living the Squat, Countdown of an Expulsion»
Double exposition à Genève: «Living the Squat, Countdown of an Expulsion»
Double exposition à Genève: «Living the Squat, Countdown of an Expulsion»
Double exposition à Genève: «Living the Squat, Countdown of an Expulsion»
Double exposition à Genève: «Living the Squat, Countdown of an Expulsion»
Double exposition à Genève: «Living the Squat, Countdown of an Expulsion»
Double exposition à Genève: «Living the Squat, Countdown of an Expulsion»

Double exposition à Genève: «Living the Squat, Countdown of an Expulsion»

Des chercheurs du Pôle de recherche national LIVES ont documenté le quotidien des squatters Rroms, Latinos, Espagnols et Sénégalais expulsés des Prés-de-Vidy le 30 mars 2012 par la Ville de Lausanne. À voir du 15 au 29 juin 2012 à Uni Mail.

«Quitter le bidonville, c’est sans doute échapper
à une misère difficilement supportable;
n’est-ce pas aussi abandonner un univers,
dont on soulignera, parfois avec regret,
certaines valeurs, quand on les aura perdues?»

Abdelmalek Sayad

Quartier de Vidy, Lausanne. Des bureaux feutrés qui hébergent des sociétés d'assurance et des laboratoires de recherche, postes avancés d’un pays riche.
Quartier de Vidy, Lausanne. D'anciens jardins familiaux abîmés par le temps et l'oubli: ici des migrants ont trouvé refuge et rêvent de caresser la fortune.
Une petite route insignifiante sépare ces deux mondes; drôle de voisinage puisque jamais aussi proches, toujours aussi distants.
Au plus fort de l'hiver, la vulnérabilité des uns ne peut plus être ignorée par les autres. Dans le froid et la neige, dans le dénuement, les beaux jours se font attendre. Le jour de l'expulsion approche.

Des chercheurs du Pôle de recherche national LIVES «Surmonter la vulnérabilité, perspective du parcours de vie» ont voulu retracer l'histoire sociale de ce squat urbain. Pendant quelques mois, ils ont intégré le cercle des relations amicales, familiales et de couple afin de comprendre ces raisons d’être ici et de ne plus être là-bas.
L'exposition est double: elle révèle d'abord la vie matérielle et sociale du squat à l'approche d’un événement critique: son évacuation et sa démolition. Elle montre ensuite la construction d’une enquête ethnographique, la boîte à outils conceptuels et méthodologiques qui permettent l’étude et la compréhension des parcours de vie: temporalité des événements, cumul des désavantages, agencement des ressources, etc.
L'exposition est aussi double dans le sens où deux regards se complètent: à l'observation minutieuse d'un chercheur répond la vision plus artistique de l'autre. Des détails et des impressions qui rendent compte d’une même réalité: l'exclusion.

Du 15 au 29 juin 2012
Hall central d'Uni Mail, Bd du Pont d'Arve 40

Coordination du travail scientifique Nasser Tafferant
Conception de l’exposition Nasser Tafferant, Emmanuelle Marendaz Colle, Raùl Burgos Paredes, Laura Bernardi, Hugues Siegenthaler
Photographies et textes Nasser Tafferant, Raùl Burgos Paredes
Conseils scientifiques Laura Bernardi
Conseils photographiques Hugues Siegenthaler
Graphisme Fabrice Ducrest
Communication Emmanuelle.MarendazColle@unil.ch

Mesurer la vulnérabilité: un défi méthodologique au centre d'un colloque

Le premier colloque international entièrement organisé par le Pôle de recherche national LIVES aura lieu les 18 et 19 juin 2012 à l'Université de Lausanne. Il vise à promouvoir le dialogue entre les spécialistes de différentes méthodologies afin de permettre des synergies dans la récolte et l'analyse de données quantitatives et qualitatives.

Un des objectifs du Pôle de recherche national LIVES - Surmonter la vulnérabilité, perspective du parcours de vie (PRN LIVES) est de développer de nouvelles méthodes en sciences sociales afin de suivre les populations sur la durée et mesurer la vulnérabilité de manière multidimensionnelle.

Le colloque réunira des spécialistes du PRN LIVES et des invités venus de Grande-Bregagne et d'Allemagne, sur les thèmes suivants:

  1. La récolte de données auprès de minorités nationales
  2. La récolte de données auprès des jeunes
  3. La documentation des interactions complexes entre travail et vie familiale à l'âge adulte
  4. Les défis particuliers de l'analyse des parcours de vie des personnes âgées

Il aura lieu les 18 et 19 juin 2012 au Bâtiment Internef de l'Université de Lausanne, salle 143, de 9h00 à 17h30. Voir le programme complet ci-dessous (en anglais).

6 membres de LIVES apportent leur éclairage sur la précarité

6 membres de LIVES apportent leur éclairage sur la précarité

Les actes du colloque "Regards croisés sur la pauvreté", qui s'était tenu à Lausanne à l'automne 2010, viennent de paraître et ont été présentés au Salon du livre 2012 à Genève.

Sous la direction des professeurs Jean-Pierre Tabin, participant à l'IP5 du PRN LIVES, et François-Xavier Merrien, "Regards croisés sur la pauvreté" réunit les contributions de scientifiques, de responsables d'administration et d'élus politiques.

Le colloque avait été organisé par le Département de la santé et de l'action sociale du canton de Vaud, l'Université de Lausanne, la Haute école de travail social et de la santé - EESP et l'IDHEAP.

Parmi les auteurs, on trouve Giuliano Bonoli, Jean-Michel Bonvin, Dominique Joye, Dario Spini et Robin Tillmann, devenus entre-temps membres du Pôle de recherche national LIVES, "Surmonter la vulnérabilité, perspective du parcours de vie".

Plus d'info sur le site de l'Etat de Vaud

«Le bonheur familial, qu’est-ce que c’est?» Une contribution des chercheurs de LIVES

«Le bonheur familial, qu’est-ce que c’est?» Une contribution des chercheurs de LIVES

Pasqualina Perrig-Chiello et François Höpflinger, membres du Pôle de recherche national LIVES, publient un livre en allemand avec Christof Kübler et Andreas Spillmann, publié par la Neue Zürcher Zeitung.

Que signifie le bonheur dans la famille ? 3000 visiteurs de l'exposition «Familles, tout demeure comme cela n’a jamais été» avaient répondu à cette question en 2009 au Musée national suisse. Pour poursuivre la réflexion, les auteurs apportent leur contribution scientifique à ces points de vue et dressent un état actuel de la famille. Ils en décrivent le développement, d'une institution patriarcale à une communauté fondée sur les sentiments, et exposent l'état actuel de la recherche concernant le bonheur conjugal et familial. Cet examen passe en revue les conditions générales du bonheur en famille dans les différentes phases de la vie. Des dessins d'enfant et des réponses du public aux questions de l’exposition accompagnent l’ouvrage.

www.nzz-libro.ch

Une équipe de LIVES crée un réseau social pour communiquer avec les jeunes

Une équipe de LIVES crée un réseau social pour communiquer avec les jeunes

Le projet « Expériences », mené par des chercheurs du Pôle de recherche national LIVES, s’intéresse aux difficultés de transition vers le monde professionnel des 15-30 ans. Un genre de Facebook artisanal et coloré permettra de suivre le parcours de vie des participants à cette étude.

Aimeriez-vous être ami avec un crabe à pattes d’oiseaux, un petit garçon qui parle à sa peluche, ou plus simplement avec un-e sage universitaire ? « Pas sûr », répondront sans doute les jeunes contactés par le projet Expériences. C’est donc un réel défi que se sont lancés cinq représentants d’une équipe de recherche du PRN LIVES – Surmonter la vulnérabilité, perspective du parcours de vie - en créant www.ProjetExperiences.ch, un nouveau réseau social dont les membres peuvent apparaître sous les avatars les plus insolites.

Véronique Eicher a pris le visage de Calvin, l’enfant de la BD Calvin & Hobbes. Cette jeune chercheuse de 31 ans avoue des goûts hétéroclites comme la couture et la musique des Killers. Du 30 avril au 4 mai 2012, elle et ses collègues seront au Centre d’orientation et de formation professionnelle (COFOP) à Lausanne pour tenter de convaincre 240 jeunes en préformation ou orientation professionnelle de créer leur propre profil sur ce nouveau club en ligne.

« Corriger les idées préfabriquées sur la jeunesse »

La différence avec Facebook ? Ici tout ce qui sera dit pourra être utilisé à des fins scientifiques, dans le but de « corriger les idées préfabriquées sur la jeunesse », affirment les chercheurs. Ils veulent notamment comprendre quelles sont les ressources que les jeunes mobilisent pour faire face à leurs difficultés et pourquoi certains s’en sortent mieux ou moins bien que d’autres dans l’accès à la formation et au travail.

Pour cela, l’équipe commencera par distribuer un questionnaire de huit pages aux classes du COFOP, afin de cerner différentes dimensions de la vie de ces adolescents : à quel(s) groupe(s) identitaire(s) ils se sentent appartenir, quel est leur degré de satisfaction et de bien-être, quels sont au contraire leurs motifs de préoccupation, de stress, quels sont leurs projets et leur moyens pour les réaliser.

Le même type de questionnaire sera également envoyé à un millier d’apprentis et de jeunes employés de la Ville de Lausanne âgés de moins de 30 ans. Ces premières données permettront d’avoir une vision d’ensemble de la situation actuelle d’un échantillon représentatif de jeunes.

Partager ses soucis et ses réussites

Tous les participants recevront la proposition d’ouvrir un compte sur www.ProjetExperiences.ch, afin que chacun puisse raconter au fil du temps ses expériences en lien avec le monde du travail, partager ses soucis et ses réussites. L’équipe espère que plusieurs groupes de discussion se formeront, et que le réseau sera rejoint par d’autres jeunes des cantons romands. Ces témoignages permettront aux chercheurs d’analyser l’évolution de chacun et de retenir les événements marquants sur une durée de deux à trois ans, informations essentielles à l’étude des parcours de vie.

Créé avec le système de gestion de contenu Wordpress et l’aide de collaborateurs du Centre informatique de l’Université de Lausanne, ce site internet constitue une manière innovante de mener une recherche en sciences sociales. Mouna Bakouri, doctorante au sein du projet et qui s’est beaucoup impliquée avec une autre doctorante, Marlène Barbosa, dans sa conception, explique que « ce type d’outil est connu pour fédérer les gens dans le monde associatif et militant. En ce qui nous concerne, il nous a paru adapté à l’âge de la population qui nous intéresse, et à notre méthode mixte, mélange d’analyses quantitatives et qualitatives. L’avantage pour les utilisateurs, c’est que les informations qui seront échangées sur ce réseau ne seront pas récupérées à des fins commerciales. »

L’équipe prévoit de mener également des entretiens en face à face. « Nous rencontrerons ceux qui sont prêts à le faire et qui correspondent à un certain profil, annonce Christian Staerklé, professeur de psychologie sociale et chef de projet. Par exemple ceux qui ont un parcours ascendant, qui arrivent à faire face à leurs difficultés et à s’en sortir. Ce qui nous intéresse, c’est l’impact des régulations relationnelles, le soutien de la famille, des amis, ainsi que l’impact des régulations politiques, soit l’engagement dans un projet collectif comme une association, un mouvement civique. » Cette partie qualitative permettra aux chercheurs de mieux comprendre certains parcours. Et aux participants de découvrir qui se cachait derrière le pou aux antennes de martien.

contact@projetexperiences.ch

2 conférences publiques dans le cadre du programme doctoral LIVES

L'Université de Genève accueillera deux conférenciers les 19 et 26 avril 2012 : Raffaela Piccaretta, chercheuse en statistique à l'Université de Bocconi (IT), et Cees Elzinga, professeur de sociologie à l'Université libre d'Amsterdam (NL).

Le Programme doctoral LIVES organise deux lectures publiques en anglais à Uni Mail, salle M-S130, bd. du Pont d'Arve 40 à Genève, dans le cadre de son module d'analyse de données séquentielles.

  • La conférence du jeudi 19 mars à 16h00 par Raffaella Piccaretta, spécialisée en analyse statistique, est intitulée "A divisive tree approach for clustering sequence data".
  • La conférence du jeudi 26 avril à 13h30 par le prof. Cees Elzinga, également expert en méthodologie, portera sur le thème “Intergenerational transfer of demographic patterns”.

LIVES soutient deux conférences sur la santé des travailleurs âgés

Organisée notamment par Jean-Marie Le Goff, chercheur avancé au Pôle de recherche national LIVES, l'après-midi du 19 avril 2012 recevra Anne-Françoise Molinié, démographe, et Brigitta Danuser, professeure de médecine du travail.

L'institut des Sciences sociales de l'Université de Lausanne accueillera deux conférencières le jeudi 19 avril 2012 de 14h00 à 18h00 au café Anthropos, bâtiment Amphipôle de l'Université de Lausanne, pour une demi-journée consacrée aux "Perspectives pluridisciplinaires sur la fin de carrière professionnelle".

Cet événement est organisé par Jean-Marie Le Goff, chercheur rattaché à 3 projets du PRN LIVES (IP1, IP2, IP15), en collaboration avec René Knüsel, doyen de la Faculté des sciences sociales et politiques, et Béatrice Steiner, chargée de recherche au Laboratoire d'Analyse des Politiques Sociales, Santé et du Développement de l'Université de Lausanne (UNIL).

Anne-Françoise Molinié, démographe, est directrice adjointe de l'Unité de recherches "Âges et Travail" au Centre de recherches et d'études sur l'âge et les populations au travail (CREAPT) de Noiy-le-Grand (France). Sa conférence s'intitule "Âge, expérience et santé à l'épreuve des conditions de travail", et développera la notion de pénibilité au travail ainsi que de sa mesure dans les enquêtes statistiques.

Brigitta Danuser est professeure ordinaire pour la médecine du travail de l'UNIL et directrice de l'Institut universitaire romand de santé au travail. Elle s'exprimera sur le thème "Vieillir au travail en Suisse". Ces conférences seront à chaque fois suivie d'un débat. Elles s'inscrivent dans le cadre du projet "Vivre ensemble dans l’incertain" (Fondation Anthropos, Fondation du 450ème de l’UNIL).

Photo Hugues Siegenthaler

«Peut-on favoriser la robustesse au cours de la vie?» Une conférence du Prof. Dario Spini

La Chaire francophone de Sociologie, politiques sociales et travail social de l’Université de Fribourg a invité le directeur du PRN LIVES le 18 avril 2012 dans le cadre d’un cycle de conférences publiques sur le thème de la vulnérabilité.

Sur la base d'exemples tirés de la vie familiale et de la santé dans la grande vieillesse, le Professeur Dario Spini, directeur du Pôle de recherche national LIVES, développera des pistes de réflexion sur les dynamiques de la vulnérabilité (et de la robustesse) au cours de la vie. Quelle est la part de l'individu, de l'environnement social et de l'action politique au cours de la vie? Quels sont les principes auxquels il faut porter notre attention pour qu'un individu puisse traverser de manière fonctionnelle les événements de vie et les stress?

L'étude des parcours de vie permet une approche interdisciplinaire du développement de l'individu en société. L'ambition du PRN LIVES est que cette approche se traduise également par de nouvelles approches des politiques publiques dont un des objectifs est de compenser des manques de ressources pour assurer les droits fondamentaux à la dignité et au développement de la personne.

Cycle de conférences publiques à l’Université de Fribourg

Voici 20 ans que la Chaire francophone de Sociologie, politiques sociales et travail social a mis en route un cycle de conférences publiques. Celui qui s'est achevé en mai 2011 s'intitulait «Éthique et sciences sociales. Entre promesses et détresse», le thème 2012 sera «Vulnérabilité: de la fragilité sociale à l’éthique de la sollicitude». Ce nouveau cycle de conférences publiques se propose d’analyser la réorganisation d'ensemble des rapports entre, d’une part, finitude existentielle, fragilité sociale, précarisation structurelle et, d’autre part, transformation politique, éthique et pratique de l’action sur/avec/pour autrui. Il interrogera aussi bien le sens et la prégnance de l'articulation vulnérabilité et sollicitude au cœur des sociétés contemporaines que les recompositions que sa promotion participe d'ores et déjà à engendrer dans le champ de l'intervention sociale.

Les conférences ont lieu de fin février à mi-mai 2012, toujours le mercredi soir de 17h00 à 19h00.
http://www.unifr.ch/webnews/content/44/file/Libretto_%202012.pdf

Démarrage d’une étude innovante sur une jeune génération ayant grandi en Suisse

Démarrage d’une étude innovante sur une jeune génération ayant grandi en Suisse

Des chercheurs du PRN LIVES vont analyser les parcours de vie de quelques milliers de personnes nées entre 1976 et 1996. Une partie de l’échantillon sera composé de jeunes ayant effectué leur scolarité en Suisse et dont les parents sont originaires du sud-est de l’Europe. Une méthode de récolte de données encore peu utilisée en Suisse sera testée.

A partir du printemps 2012, des questionnaires biographiques vont commencer à circuler dans les trois langues nationales auprès de personnes âgées entre 15 et 35 ans. Le but est de mieux comprendre les trajectoires des jeunes d’aujourd’hui, et notamment celle des enfants de la deuxième génération d’immigrés. Pour constituer cet échantillon, les chercheurs du Pôle de recherche national (PRN) LIVES recourront au réseau des répondants afin d’identifier de nouvelles personnes à interroger.

Une nouvelle méthode de récolte par réseaux

Cette étude constitue un complément aux données du Panel suisse de ménages (PSM). Ce dernier, lancé en 1999, est mené par le Centre de compétences suisse en sciences sociales FORS, avec qui LIVES collabore. Pour la première fois, l’attention sera focalisée sur les jeunes, avec dans un premier temps un intérêt tout particulier pour ceux dont les parents sont de culture albanaise, une communauté importante en Suisse mais dont l’insertion dans la société helvétique a été peu investiguée jusqu’à ce jour.

"Pour la phase pilote de cette enquête, nous allons tester une méthode couramment utilisée aux Etats-Unis et au Canada, mais nouvelle en Suisse. Lorsqu’on prend un échantillon aléatoire d’habitants, les populations minoritaires sont sous-représentées. A la place, nous partirons de 20 personnes et leur demanderons de nous donner les coordonnées de leurs connaissances, afin de constituer un ensemble de 600 personnes en répétant cette opération plusieurs fois", explique le prof. Dario Spini, directeur du PRN LIVES.

La récolte de données se poursuivra en 2013, s’étendant à près de 2000 jeunes de toute la Suisse, toutes origines confondues. Le PRN LIVES a mandaté l’institut de sondage M.I.S. Trend pour mener les interviews. Pour préserver la confidentialité des données, les réponses seront anonymisées : les chercheurs n’auront accès qu’à des données sans nom, sans adresse et sans date exacte de naissance.

Des données cruciales pour préparer l’avenir

Les chercheurs s’intéressent à plusieurs aspects des trajectoires des personnes interrogées : lieux de résidence, types de cohabitation, relations de couple, famille, activité et formation, santé. Comme dans tous les projets LIVES axés sur l’étude longitudinale des parcours de vie, les événements clés, les points de rupture et les facteurs liés à l’apparition possible d’une vulnérabilité et aux ressources pour la surmonter seront étudiés. Une série d’entretiens qualitatifs seront en outre conduits par des chercheurs de LIVES pour approfondir certaines trajectoires.

Prof. Michel Oris, co-directeur du PRN LIVES

Le co-directeur de LIVES à la Conférence suisse des institutions d'action sociale

Lors de la journée nationale de la CSIAS, le jeudi 15 mars 2012 à Bienne, intitulée "Trop jeunes pour être vieux", le prof. Michel Oris évoquera les conditions de vie et de santé des personnes au dessus de 65 ans en Suisse.

Le directeur du Centre interfacultaire de gérontologie (CIG) et co-directeur du Pôle de recherche national "LIVES, surmonter la vulnérabilité, perspective du parcours de vie", interviendra à 12h00 au Palais des Congrès de Bienne.

Voir le programme complet ci-dessous.

Conférences en économétrie pour l'ouverture d'un poste de professeur

Les 19 et 20 mars 2012, l'Université de Genève accueillera 6 candidats à un poste de professeur en économétrie appliquée aux questions sociales, dont les recherches devront s'inscrire au sein du PRN LIVES. Leur présentation est ouverte au public.

Ces leçons publiques auront lieu à Uni Mail, 40 bd du Pont-d'Arve, salle J.-C. Seydoux (No 3250), 3e étage.

Elles ont été organisées dans le cadre du recrutement d'un professeur associé ou professeur ordinaire en économétrie appliquée aux questions sociales, poste qui a été reprofilé en fonction du Pôle de recherche national "LIVES, surmonter la vulnérabilité, perspective du parcours de vie", dans lequel le ou la titulaire devra inscrire ses recherches.

Voir le programme complet ci-dessous.

Photo Hugues Siegenthaler

5 entreprises suisses ayant fermé leurs portes utilisées comme cas d’étude sur le chômage

Pour le projet de thèse d’Isabel Baumann, assistante diplômée à l’Institut des sciences sociales de l’Université de Lausanne, 750 ex-employés de compagnies en faillite ou délocalisées à Genève et ailleurs ont répondu à un questionnaire sur les conséquences de leur licenciement. Cette enquête permettra d’avoir une meilleure image des gagnants et des perdants.

En automne 2011, 1200 personnes ayant perdu leur emploi lors de la fermeture de leur usine à Genève, Berne et Soleure entre début 2009 et mi-2010 ont reçu un questionnaire portant sur leur situation actuelle au niveau professionnel, financier et personnel. 63% de ces personnes ont répondu à l’enquête, dont les données sont maintenant en cours d’analyse dans le cadre de la thèse d’Isabel Baumann, doctorante au PRN LIVES et Life course and Social Inequality Research Center (LINES), qui présentait son projet le 13 février 2012 lors des premières Doctoriales du PRN LIVES.

Les 5 entreprises, autrefois actives dans les secteurs de la machine-outil et de l’impression, ont connu divers sorts : dans le meilleur des cas, les employés ont été licenciés avec six mois de préavis et un plan social ; dans le pire, les travailleurs ont perdu leur emploi d’un jour à l’autre sans aucune indemnisation. Les données récoltées indiquent que deux tiers des répondants avaient retrouvé un emploi au moment de l’enquête, environ deux ans après la fermeture de leur entreprise. Parmi les gens qui travaillent de nouveau, la moitié avait retrouvé un emploi en moins de deux mois.

Une des hypothèses d’Isabel Baumann est que les employeurs engagent plus facilement une personne licenciée collectivement qu’un autre type de chômeur, car ils estiment que les compétences personnelles du candidat n’étaient pas en cause dans son licenciement. Cette théorie sera vérifiée en comparant l’échantillon avec une base de données de personnes au profil similaire mais qui n’ont pas subi de licenciement collectif.

Conserver ses compétences

Une autre hypothèse de travail stipule que ceux qui ont accepté un travail en intérim ont eu moins de difficultés à reprendre un emploi stable par la suite et ont connu moins de perte de salaire. "Je m’attends à ce résultat, car un emploi temporaire empêche la perte des capacités professionnelles, et est interprété par les recruteurs comme un signal de motivation", affirme la doctorante.

La thèse d’Isabel Baumann s’intéressera aux parcours de ceux dont le bien-être et le revenu ont été particulièrement impactés, en positif ou négatif, par l’épisode du licenciement et le processus de réintégration professionnelle. 20% des travailleurs licenciés ont fini par retrouver un emploi mieux rémunéré et 30% sont aujourd’hui moins bien payés. Parmi ces derniers, la doctorante s’attend à voir surtout des personnes peu qualifiées, âgées, maîtrisant mal la langue ou étant restées longtemps dans le même emploi, ayant donc des connaissances moins facilement transposables. Au contraire, elle s’attend à ce que parmi les gagnants soient surreprésentés des gens aux compétences plus généralistes, comme la gestion, l’encadrement ou la communication.

Quant aux impacts sur la vie sociale et la santé, on constate que les relations avec les proches ont été relativement peu affectées par l’événement, contrairement à la santé psychique, qui est le plus impactée, en bien ou mal, par le licenciement et de ses conséquences. Une analyse plus fine des résultats permettra de mieux comprendre ces mécanismes.

Photo Hugues Siegenthaler

La Ville de Lausanne collabore à une étude sur l’impact du congé paternité

Au cours des Doctoriales 2012 du PRN LIVES du 13 au 14 février, Isabel Valarino a présenté un projet de thèse dont l’objectif est d’analyser l’influence de l’émergence des congés parentaux sur les représentations et pratiques de la paternité. 20 pères travaillant dans l’administration lausannoise seront interrogés.

Assistante diplômée au Life course and Social Inequality Research Center (LINES) et membre du projet 6 de LIVES, "Vulnérabilité à l'interface de la vie familiale et professionnelle: Différences entre les genres et les professions", Isabel Valarino a obtenu récemment l’accord de la Municipalité pour avoir accès aux jeunes pères de l’administration lausannoise. Dans les mois qui viennent, elle prévoit de s’entretenir avec 20 hommes qui ont profité d’un congé paternité et 5 cadres qui ont eu à gérer cette absence. La Ville de Lausanne offre depuis mi 2010 un congé paternité de 21 jours à ses employés masculins, ce qui représente un potentiel de près de 100 personnes par année.

Ces entretiens qualitatifs sont un des axes de travail de la chercheuse, qui mènera aussi une étude quantitative sur l’ensemble des hommes ayant recouru au congé paternité offert par la Ville de Lausanne, afin de comparer ceux qui ont pris les trois semaines entières avec ceux qui décident de ne s’arrêter que quelques jours. Dans sa thèse, la doctorante s’intéresse également à l’évolution des valeurs culturelles véhiculées par le débat sur le congé paternité dans les médias, ainsi qu’à l’évolution du débat politique et institutionnel, lequel est analysé sur la base des diverses interventions au niveau du Parlement fédéral et des réponses qui y ont été apportées.

Selon Isabel Valarino, "les politiques de congés parentaux en Suisse sont genrées. Actuellement, seules les mères sont définies comme pourvoyeuses de soins légitimes par la loi." Elle formule cependant l’hypothèse que bien que la Suisse, contrairement à nombre de ses voisins européens, n’ait pas encore de congé paternité ou parental prévu par la loi, le débat entourant cette question ainsi que l’introduction volontaire ou négociée de ce droit par certains employeurs participent néanmoins à construire les représentations et les pratiques de la paternité, allant vers un plus grand investissement des hommes dans l’éducation de leurs enfants.

Photo Hugues Siegenthaler

Les doctorants de LIVES ou affiliés confrontent leur projet de thèse à des experts

Les Doctoriales 2012 du Pôle de recherche national hébergé par les universités de Lausanne et Genève ont permis à 56 étudiants diplômés de présenter l’état de leurs travaux devant des sommités des sciences sociales. Deux jours de stress, mais aussi de plaisir.

 Ventres noués, rougeurs et palpitations étaient au programme des premières Doctoriales du PRN LIVES les 13 et 14 février 2012 à Lausanne. Auditionnés par deux experts par session, les 56 doctorants avaient 20 minutes pour expliquer leur recherche - son cadre méthodologique, sa méthode, ses premiers résultats. La plupart des présentations avaient lieu en anglais, langue d’une grande partie des expert - chefs de projets LIVES ou membres du Conseil consultatif issus d’universités européennes et américaines.

"C’était un bon exercice en grandeur nature", estime un étudiant francophone, "mais aussi une source supplémentaire de stress", complète un de ses collègues hispanophone. Tous les deux relèvent que le niveau des débats a pu souffrir du faible niveau d’expression orale et de compréhension des doctorants. "Je n’ai pas saisi toutes les remarques qui ont été faites sur mon travail, avoue l’un, mais j’ai beaucoup appris après la session en parlant en tête à tête avec une experte, qui m’a donné d’excellents conseils bibliographiques et indiqué une base de donnée que je ne connaissais pas".

Les présentations couvraient un vaste éventail de problématiques abordées par le Pôle : famille, travail, santé, migration, âges de la vie, méthodologie, avec presque toujours la question de la vulnérabilité en toile de fond. Pour les doctorants, il était intéressant de recueillir les commentaires de spécialistes d’autres disciplines que la leur : des sociologues étaient questionnés par des épidémiologistes, des démographes par des économistes, etc.

"Un esprit LIVES"

En plus de favoriser les échanges avec des professeurs renommés de plusieurs branches des sciences humaines, les Doctoriales ont été appréciées par les jeunes chercheurs pour le simple plaisir de se retrouver entre pairs – d’habitude répartis sur plusieurs sites -, d’échanger sur leurs difficultés et d’apprendre d’autres démarches, pendant les sessions comme en dehors, dans les couloirs ou lors des repas. "C’est rassurant de se comparer aux autres", explique un doctorant de 4e année, "et puis c’était cool de se voir tous ensemble, tout simplement."

"Nous sommes convaincus que ces Doctoriales ont contribué à développer un esprit LIVES", ont déclaré à l’issue des deux jours le Prof. Michel Oris, co-directeur du Pôle, et Delphine Fagot, responsable du programme doctoral. Laquelle conclut : "Ce qui m'a marquée, c'est le côté convivial de ces journées, malgré le stress ambiant..."

Deux membres de LIVES publient un livre sur l’aide familiale aux personnes âgées

Deux membres de LIVES publient un livre sur l’aide familiale aux personnes âgées

Les résultats de l'étude SwissAgeCare / AgeCare Suisse Latine commandée par l’Association suisse des services d'aide et de soins à domicile ont paru en janvier 2012 aux éditions Hans Huber.

Dirigé par les professeurs Pasqualina Perrig-Chiello et François Höpflinger, tous deux membres du Pôle de recherche national LIVES, et préfacé par le Dr Stéphanie Mörikofer-Zwez, ancienne présidente de l'Association suisse des services d'aide et de soins à domicile, le livre « Aides familiales aux personnes âgées. Problèmes, besoins, ressources et coopération avec les soins ambulatoires » s’inscrit dans la série « Pratique des soins infirmiers ».

L'équipe de recherche des Universités de Berne et de Zürich, met en lumière les problèmes, les besoins, les ressources des proches soignants des personnes âgées et leur collaboration avec les soins à domicile. Ainsi, les développements démographiques, épidémiologiques et sociaux sont décrits et analysé, ainsi que leur impact sur les soins à domicile et ambulatoires actuels et futurs. L'étude indique qui s’occupe des soins dans la famille, comment, pourquoi et dans quelles conditions. Cela ouvre des champs d'action pour un soutien précis, adapté à la demande et pour une décharge des parents soignants.

Voir également:

La vice-directrice du Pôle à la Une du site web de l'Unil

Un portrait de la prof. Laura Bernardi retrace son parcours de Rome à Lausanne en passant par la Belgique, les Etats-Unis et l'Allemagne. Une trajectoire universitaire marquée par les méthodes mixtes pour cette démographe inspirée par l'anthropologie et spécialisée dans les questions de fécondité.

Lire le portrait de la prof. Laura Bernardi, vice-directrice du PRN LIVES, publié par le Bureau des projets de recherche européens de l'UNIL (Euresearch).

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