Syriens, Roumains, Erythréens… Une "Bibliothèque humaine" pour lire en eux comme dans un livre ouvert

Syriens, Roumains, Erythréens… Une "Bibliothèque humaine" pour lire en eux comme dans un livre ouvert

Au cours de la Semaine contre le racisme organisée du 21 au 28 mars 2015 dans plusieurs villes de Suisse et notamment du Valais, vingt-sept parcours de vie ayant un fort rapport avec la migration se dévoileront au public sur le mode de la confidence. Une chercheuse LIVES d’origine roumaine a décidé de se prêter au jeu.

Souvenirs de mondes qui n’existent plus, déchirures, secrets, histoires d’amours impossibles et de retrouvailles, rencontres, destruction et reconstruction : comment partager ces expériences autrement qu’en tête-à-tête ? C’est là toute la magie de la Bibliothèque humaine, un concept inventé au Danemark il y a une quinzaine d’année et qui est reproduit depuis 2013 à chaque Semaine valaisanne contre le racisme avec la coordination de la comédienne Rita Gay.

L’idée est de passer une demi-heure, ou plus si entente, seul-e avec une personne transformée en « livre humain » qui vous entraîne sur les pas de sa propre histoire. A la fin du récit, le dialogue peut s’ouvrir – ou pas. L’oralité et la spontanéité sont reines. Cette année à Sion, Martigny, Monthey et Sierre, les conteurs et les conteuses seront originaires de quasiment tous les continents.

Née en 1979 sous le régime de Ceausescu et travaillant maintenant comme chercheuse au Pôle de recherche national LIVES, Oana Ciobanu racontera sa trajectoire qui l’a emmenée de Bucarest à Genève en passant par plusieurs étapes comme Budapest, Hambourg, Edinbourg et Lisbonne. « Mais ce n’est pas la séquence des villes qui compte, c’est surtout ce qui s’est passé dans ces villes, les personnes que j’ai rencontrées, comment j’ai vécu chaque endroit et l’héritage que chaque ville a laissé dans mon histoire. (…) Ma migration m’a appris à rêver à quelque chose de plus », note la sociologue dans le programme de la Bibliothèque humaine.

Spécialiste des migrations internationales et des populations âgées, Oana Ciobanu a été séduite par le projet, qu’elle compare à « un retour à une culture orale des sociétés traditionnelles, où la sagesse, les coutumes, les connaissances et l’histoire se transmettaient à travers la narration. »

Elle-même a d’ailleurs utilisé l’analyse narrative dans son travail de thèse. Un intérêt que la chercheuse explique ainsi : « La complexité de la narration réside dans ce que l’on choisit de dire et en même temps d’omettre, dans la façon dont l’histoire se construit par rapport à notre interprétation de l’autre, notre auditeur. Et la construction d’une histoire ne doit pas forcément correspondre au parcours réel d’une vie, mais surtout à notre besoin de se rappeler, de souligner, de mettre en évidence notre histoire subjective. L’écoute active de la vie d’un autre a pour but de nous rapprocher, nous faire oublier que nous sommes des migrants et des natifs, que l’on soit de la première, deuxième ou troisième génération en Suisse. Finalement nous sommes simplement des personnes riches de leur histoire de vie »…

>> Programme complet de la Bibliothèque humaine

  • 24 mars à Sion entre 17h00 et 22h00
  • 25 mars à Martigny entre 16h30 et 21h30
  • 26 mars à Monthey entre 16h00 et 21h00
  • 28 mars à Sierre entre 14h00 et 19h00

 >> Réservations

>> www.semainecontreleracisme.ch