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Les seniors issus de l’immigration sont en moins bonne forme que les retraités suisses

Un article de Laure Kaeser et Claudio Bolzman, basé sur les données de l’étude Vivre / Leben / Vivere (VLV), sera présenté à la Conférence «Migration et bien-être : aux frontières de la recherche» qui se tient du 8 au 10 janvier 2013 à Tel Aviv (Israël).

La conférence Migration and Well-being: Research Frontiers est organisée par l’Université de Tel Aviv et le Comité de recherche en sociologie de la migration (RC31) de l’Association internationale de sociologie. Il y sera question de thèmes comme l’impact de la xénophobie et de l’exclusion sur le bien-être des migrants, la réponse des sociétés d’accueil face aux problèmes de santé et à la pauvreté, ou encore le rôle grandissant des immigrés dans le secteur des soins.

La doctorante du Pôle de recherche national (PRN) LIVES Laure Kaeser y présentera un article écrit avec le prof. Claudio Bolzman, intitulé «Accès au bien-être pour les migrants âgés en Suisse». Cette contribution dévoile les résultats descriptifs préliminaires d’une étude basée sur les données de l’enquête Vivre / Leben / Vivere (VLV), conduite par le Centre interfacultaire de gérontologie et d’étude des vulnérabilités (CIGEV), en collaboration avec le PRN LIVES et la Haute-Ecole spécialisée de Suisse occidentale.

L’enquête VLV cherche à savoir, entre autres, si les tendances repérées parmi la population suisse dans son ensemble sont similaires à celles observées chez les immigrants. La récolte de données a été menée en 2011 et 2012 au sein d’un échantillon de 3’600 participants âgés de 65 ans et plus, vivant dans les 3 principales régions linguistiques de Suisse. Un sur-échantillonnage d’environ 300 seniors originaires d’Italie, d’Espagne et du Portugal a été opéré à Genève et à Bâle.

Des problèmes de santé qui surviennent plus tôt

Les résultats préliminaires montrent que les migrants âgés de 65 à 79 ans rapportent un niveau de santé nettement moins bon que celui des résidents suisses âgés de plus de 80 ans.

S’agissant des problèmes physiques, les trajectoires professionnelles expliquent certainement cette différence. La plupart des immigrés étaient employés dans certains secteurs spécifiques de l’économie (industrie, construction, hôtellerie, nettoyage, etc.) à des postes manuels et peu qualifiés.

L’existence de symptômes dépressifs est aussi plus marquée dans la population étrangère. Si, dans chaque canton, le niveau d’anxiété des migrants est plus ou moins le même que celui des Suisses, l’état dépressif apparaît quant à lui plus souvent chez les seniors étrangers que chez les nationaux.

Persistance de difficultés socio-économiques

Des études antérieures ont déjà montré que de nombreux migrants approchant l’âge de la retraite souffraient de précarité, voire d’extrême pauvreté. Les résultats de VLV aboutissent au même constat : une fois retraités, les seniors issus de la migration font toujours partie des populations les plus précaires, malgré les rentes qu’ils sont en droit de percevoir.

Approfondissement qualitatif à venir

Cet article visait à établir la situation actuelle des migrants âgés de plus de 65 ans en Suisse. Pour la suite, l’équipe prévoit de pousser l’analyse plus en profondeur, en examinant le rôle d’autres variables telles que le statut socio-professionnel ou le genre pour expliquer les conditions de vie de ces personnes. En 2013, des entretiens qualitatifs auront lieu avec certains participants de l’étude, afin de mieux comprendre les résultats de la partie quantitative.