Photo Felix Imhof

La recherche suisse en sciences sociales contribue activement à de grandes enquêtes internationales

Au cours des derniers mois, le Prof. Dominique Joye a intégré les comités méthodologiques de trois importantes études internationales. Le chef de l’IP15 du PRN LIVES, professeur à l’Université de Lausanne et également chercheur associé au Centre de compétences suisse en sciences sociales FORS, explique l’intérêt de se retrouver au cœur de ces organisations scientifiques.

« C'est une tâche passionnante que de participer à la mise en œuvre d'une enquête internationale comparée : de voir où des problèmes méthodologiques sont les mêmes, mais aussi en quoi ils peuvent diverger suivant les contextes ; bref, de réfléchir sur les points essentiels qui permettent de faire des enquêtes de qualité dans différents pays, tout en préservant la possibilité de comparer, et donc d'avoir des mesures pertinentes ».

Cette profession de foi émane du Prof. Dominique Joye, chef de l’IP15 du Pôle de recherche national LIVES, récemment élu au sein des comités méthodologiques de trois enquêtes internationales en sciences sociales :

Pour Dominique Joye, par ailleurs vice-doyen de la Faculté des Sciences sociales et politiques à l’Université de Lausanne et partenaire du Centre de compétences suisse en sciences sociales FORS, les raisons de sa participation à de tels projets sont multiples, tant du point de vue individuel que collectif.

« La mise à disposition rapide de données, caractéristique de ces enquêtes internationales, permet de rendre plus facilement cumulatifs nos travaux scientifiques », indique le chercheur. Il a notamment à l’esprit la formation de la relève académique : « Pour les doctorants, il est plus facile de se frotter aux techniques d'analyse les plus pointues si l'on dispose de données comparables. »

Intérêt pour la Suisse

Du point de vue de la Suisse, ajoute le Prof. Joye, « cela permet de se situer en référence à d'autres pays, de connaître l'état des choses et de faire ressortir des caractéristiques propres. Cela peut porter tant sur des caractéristiques objectives, comme par exemple la proportion de femmes qui travaillent à temps partiel, que sur des éléments subjectifs, comme la manière dont elles le vivent. »

Il évoque encore d’autres questions de recherche où il serait intéressant de comparer la Suisse à d’autres pays, par exemple sur les inégalités sociales, les sentiments xénophobes, etc. Autant de thèmes qui font écho aux préoccupations du PRN LIVES…

« C'est quand même pas mal de voir la Suisse au cœur de la méthodologie de ces très grandes enquêtes internationales », se réjouit le chef de l’IP15.

 A l’heure où la Suisse montre des signes de repli et où sa participation aux projets de recherche européens est partiellement remise en question, l’information méritait en tout cas d’être partagée.