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L’Université de Genève remet un doctorat honoris causa à Glen Elder

Pour l’édition 2012 du Dies academicus, l’alma mater genevoise honore le 12 octobre plusieurs personnalités, dont l’un des papes de la théorie des parcours de vie, qui continue d’enseigner à 78 ans et reste d’une étonnante accessibilité.

Professeur de sociologie et de psychologie à l’Université de Caroline du Nord - Chapel Hill, Glen Elder a inspiré nombre de chercheurs spécialisés dans l’étude des parcours de vie. Son ouvrage fondateur, « Les enfants de la grande dépression », a marqué des générations d’universitaires.

« Sa perspective est particulièrement précieuse afin de développer une perspective interdisciplinaire qui tienne compte de l’activité individuelle liée à d’autres personnes dans des contextes spécifiques et historiques », estime le Prof. Dario Spini, directeur du Pôle de recherche national LIVES. 

C’est sur proposition du co-directeur de LIVES et directeur du Centre interfactultaire de gérontologie et d’études des parcours de vie (CIGEV), le Prof. Michel Oris, que l’Université de Genève a choisi d’honorer le Prof. Elder ce 12 octobre à l’occasion du Dies academicus.

Un honneur très apprécié

« Un doctorat honorifique de l'Université de Genève est très spécial pour moi pour plusieurs raisons, mais surtout parce que cette université et l'Université de Lausanne représentent un important centre d'études du parcours de vie et de formation doctorale et postdoctorale en Europe », affirme le principal intéressé contacté par courriel.

Le professeur Elder continue d’être actif professionnellement et répond en effet volontiers aux sollicitations, comme en a fait l’expérience Sandra Constantin, doctorante LIVES qui l’a également approché : « J'ai non seulement beaucoup apprécié sa gentillesse et sa disponibilité, mais aussi les conseils et les recommandations qu'il m'a aussitôt donnés, car la dimension quantitative de mon approche méthodologique est en partie la même », témoigne-t-elle.

Glen Elder affirme suivre les recherches suisses depuis de nombreuses années, en particulier dans la recherche sur les voies de l'enfance à l'âge adulte : « Le point de vue nord-américain sur les parcours vie a été centré sur l'individu dans son contexte, alors que la perspective européenne dispose d'un point de vue institutionnel distinctif de l'État providence et du parcours de vie. En outre, les études de parcours de vie en Europe ont toujours été plus engagées dans la recherche comparative. Mais aujourd'hui, nous trouvons un mélange de perspectives en Amérique du Nord et en Europe », soutient le professeur américain depuis Chapel Hill.

Pour Dario Spini, « si je devais retenir un message central de son livre de référence « Children of the Great Depression », c’est que ce qui a priori peut être vu comme une épreuve difficile renforçant la vulnérabilité de certains, peut aussi être aussi source d’opportunités et de croissance pour d’autres. L’épreuve peut aussi renforcer. »

Glen Elder prouve en tout cas que l’âge n’est pas que source de vulnérabilité : « J'ai maintenant consacré plus de 50 ans à des études de parcours de vie, et les nouvelles questions qui émergent sans cesse continue de m’exciter et de me remettre en question. Je veux toujours savoir comment la vie des individus et celle des sociétés s’influencent mutuellement. Et je prends beaucoup de plaisir à la possibilité de transmettre ce que j'ai appris au fil des ans à la génération suivante. »