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Deux chercheuses américaines en Suisse pour semer des graines d’égalité de genre à l’université

Invitées par le Pôle de recherche national LIVES et les bureaux de l’égalité des universités de Genève et de Lausanne, deux éminentes spécialistes des questions de genre vont tenter de faire éclore, du 27 au 29 novembre 2013, quelques idées nouvelles afin de percer le plafond de la serre universitaire.

Trois événements majeurs en matière de promotion des carrières féminines auront lieu fin novembre à l’Université de Genève et à l’Université de Lausanne.

Intitulée « Gender Awareness in Academia : From Principles to Practice » (Prise de conscience des problèmes de genre à l’université : des principes à la pratique), cette initiative en trois volets est née dans le cadre d’un des mandats du Pôle de recherche national LIVES – Surmonter la vulnérabilité : Perspective du parcours de vie (PRN LIVES).

Le PRN LIVES s’est allié avec les bureaux de l’égalité de ses deux universités hôtes pour concevoir et mettre en œuvre ce programme de formation à l’intention de plusieurs types de publics.

Une attente du FNS

Les pôles de recherche nationaux tels que LIVES ont parmi leurs différentes missions celle de porter une attention particulière à l’avancement des femmes dans la recherche, comme le précise le Fonds national suisse de la recherche scientifique qui les finance.

« Nous avons voulu de cette manière apporter une touche d’innovation à notre plan d’action », indique la Prof. Nicky Le Feuvre, responsable des questions d’égalité devant le Conseil de direction du PRN LIVES.

Des invitées prestigieuses

Les deux invitées sont Virginia Valian, chercheuse avancée au Département de psychologie du Hunter College (New York), et Denise Sekaquaptewa, professeure de psychologie à l’Université du Michigan, qui remplacera Abigail Stewart, initialement annoncée dans les invitations postées en septembre mais retenue aux Etats-Unis pour des raisons de santé.

Toutes les deux ont mené des recherches intensives sur les questions de genre et participé activement à des programmes de promotion des carrières féminines dans leurs institutions respectives.

Lutter contre les stéréotypes

Le programme de ces trois jours comprend tout d’abord un atelier de sensibilisation aux stéréotypes de genre, qui se répétera à Genève et à Lausanne les 27 et 28 novembre. Il est destiné aux membres seniors du PRN LIVES et à d’autres responsables académiques de haut niveau.

Selon Nicky Le Feuvre, « la plupart des programmes en faveur de l’égalité hommes-femmes au sein des universités visent les femmes, créant le risque de les identifier comme LE problème. Notre idée a été de renverser le raisonnement, pour partir de la prémisse que le vrai problème des femmes dans le monde académique vient en fait des stéréotypes que les gardiens – masculins - du temple pourraient avoir ».

Virginia Valian et Denise Sekaquaptewa mèneront dans ce sens un atelier très pratique, résolument interactif et ludique, offrant à des universitaires ayant gravi un certain nombre d’échelons hiérarchiques l’opportunité d’explorer de manière critique leurs propres croyances et pratiques. Comme une bonne partie d’entre eux est composée de spécialistes des inégalités sociales, le débat promet d’être animé !

Conférence publique

Le 28 novembre toujours, en fin de journée, une conférence de Virginia Valian, ouverte au public mais donnée en anglais sans traduction, aura lieu à l’IDHEAP (Lausanne). Sous le titre « Why so slow ? » (Pourquoi si lentement ?), elle reprend le nom de son best seller paru en 1998 et réédité plusieurs fois.

Ses conclusions, puisant dans des concepts et des données de la psychologie, de la sociologie et de l’économie, restent d’une étonnante actualité sur les raisons qui expliquent pourquoi si peu de femmes occupent des positions de pouvoir et de prestige.

Pour un impact à long terme

Enfin, le vendredi 29 novembre, les deux chercheuses américaines animeront à l’Université de Lausanne un atelier de formation pour des spécialistes des questions de genre, internes et externes au monde académique, ouvert par exemple aux responsables des bureaux de l’égalité des universités, des villes, des cantons ou de la Confédération, ainsi qu’à d’autres professionnels concernés.

L’objectif de ce séminaire est d’échanger des idées, des bonnes pratiques et du matériel de formation, afin que l’initiative « Gender Awareness in Academia » produise des fruits durables pour l’avancement des femmes, dans le plus grand nombre de domaines et de milieux possibles.