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Vieillir en bonne santé : les inégalités se creusent

L'espérance de vie augmente, mais elle n'est pas forcément synonyme de plus de temps en bonne santé. Des chercheurs du PRN LIVES affiliés à l'Université de Genève se sont intéressés à cette évolution et ont compilé les données de la Cohorte nationale suisse (SNC) avec celles des Enquêtes suisses sur la santé. Les résultats de leur étude montrent que si les années en bonne santé augmentent autant pour les hommes que pour les femmes, des différences se manifestent selon le niveau de formation, augmentant les inégalités sociales. Ainsi, en 2010, les hommes ayant un diplôme universitaire vivent 8,8 années de plus en bonne santé que ceux ayant complété une formation obligatoire contre 7,6 années en 1990.

Cinq chercheurs de l'Université de Genève, dont quatre sont membres du Pôle de recherche national LIVES - Surmonter la vulnérabilité: perspective du parcours de vie, ont croisé des données de Cohorte nationale suisse (SNC) avec celles des Enquêtes suisses sur la santé entre les années 1990 et 2015 afin d'établir si les années gagnées en espérance de vie avaient ajouté du temps à la santé ou à la maladie. 

Les femmes continuent à vivre plus lontemps que les hommes et ont ajouté 3 ans à leur espérance de vie, en bonne santé. Mais dans leur cas, continuer ces recherches longitudinales est d'autant plus important, car les codes sociaux et leur mode de vie a beaucoup plus changé que pour les hommes. «L’écart entre les femmes de formation secondaire et tertiaire est ici indistinguable, car nos données concernent des femmes nées dans les années 1920-1930, lorsque l’accès aux hautes études leur était limité et que peu travaillaient. Il serait intéressant de refaire cette enquête dans 50 ans, maintenant que les femmes étudient et travaillent tout autant que les hommes», relève Stéphane Cullati.

Les hommes quant à eux gagnent 5 années de vie, dont 4,5 en bonne santé. Mais les différences les plus importantes se manifestent dans les niveaux de formation. L'exemple des hommes ayant complété une formation obligatoire est parlant. «L’écart d’années en bonne santé entre les hommes de formation obligatoire et les hommes de formation tertiaire est de 7,6 ans en 1990, mais de 8,8 ans en 2010, montrant que l’écart se creuse», explique Adrien Remund, démographe. 

Graphiques: Life expectancy (LE), Healthy life expectancy (HLE), and Years of bad health (YBH) with 95% confidence intervals by education level and sex (Swiss National Cohort and Swiss Health Interview Survey, Switzerland, 1990–2014). 

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